 Conservatoire des ocres et pigments appliqués à Roussillon, Okhrâ est une coopérative d’intérêt culturel, lieu de pratique et d’apprentissage de la couleur, ouverte toute l’année aux amateurs comme aux professionnels. (PHOTO Okhrâ) Alternative. Dynamisme et diversité: les maîtres mots du sixième Mois de l’Economie Sociale et Solidaire en PACA et en Vaucluse.
Tout au long du mois de novembre, la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire (CRESS) PACA va promouvoir l’économie sociale et solidaire sur le territoire régional. Associations, coopératives, mutuelles représentent plus de 5000 établissements en Vaucluse.
Ce Mois est le rendez-vous annuel des entreprises qui mettent en oeuvre une autre manière d’entreprendre: «celle qui fait de l’Homme la finalité de l’économie. » Une démarche d’autant plus d’actualité en période de crise financière et économique.
Pour se faire, des forums, conférences, débats, expositions, par exemple, animent cette 6eme édition. 60 organisateurs et co-organisateurs dont la Région, le Conseil général du Vaucluse et Aprova 84, viennent soutenir la Chambre Régionale PACA, qui est à l’initiative du Mois de l’Economie Sociale et Solidaire depuis 2003.
Près de 80 rendez-vous en région
Dans le département, la cave coopérative Balma Venetia accueillait mardi, Marcelle Gay, présidente de la CRESS PACA, pour les quatrièmes ateliers de l’ESS autour du thème de la coopération inter-entreprise.
Pour le lancement de son département « Art et Culture », Energies Alternatives organise jeudi 14 novembre à 18h à l’Aprova à Avignon, une table ronde « Art et Culture » avec la participation de J.L Sautreau, Ministère de la culture, J. Macionni, Directrice de l’Institut National des Nouvelles Formes d’Emploi, S. Bossuet, gérant d’Artenréel, première coopérative d’activités et d’emplois spécialisée dans les domaines artistiques et culturels.
La tournée de théâtre interactif « Médicament amer » réalisée par la Mutualité Française sur le bon usage du médicament à destination des adolescents et jeunes adultes fait étape le 28 novembre, au lycée professionnel de Vedène.
M.G.
La production n’est pas une priorité
«L'emploi des travailleurs handicapés: action sociale ou production économique ?», tel est le thème de la rencontre table ronde organisée à Entraigues, mardi 18 novembre par l’Aprova 84 et l’Esat de l’Olivier, avec la participation de professionnels, de familles, de personnes handicapées et d’encadrants. Longtemps limitées à une réponse sociale, les capacités professionnelles des personnes porteuses d’un handicap sont de plus en plus reconnues mais leur insertion se heurte au contexte économique général et aux habitudes.
Ouvert en 2001 et dirigé par Pierre Rancurel, l’établissements et services d'aide par le travail (Esat) de l’Olivier compte quinze permanents, et accueille 60 personnes reconnues travailleurs handicapés pour des activités d’entretien, transformation ou création d'espaces verts, de conditionnement, déconditionnement ainsi que de la blanchisserie, et repassage.
« La différence avec le monde de l’entreprise est de pouvoir s’adapter à la personne » explique le directeur de l’établissement. « Il y a l’aspect production mais ce n’est pas une priorité. Le travail sert de médiateur pour une future réinsertion dans la société » souligne Pierre Rancurel. « C’est dire l’importance de l’accompagnement et du projet pour chaque travailleur. Il s’agit de savoir ce qu’il désire : sortir de l’établissement ou pas, aller en milieu ordinaire, par exemple. »
Cependant, en fonction de leur niveau de handicap, le directeur de l’Esat de l’Olivier indique que « certains resteront tout le temps, d’autres aussi parce qu’ils ont une expérience malheureuse en milieu ordinaire, avec des cadences à respecter qui ne leur sont forcément adaptées. A l’Esat, si un travailleur n’est pas bien, il peut s’arrêter et en parler. »
De son côté, le directeur de l’Aprova 84 estime que cette rencontre permettra la réflexion à défaut d’apporter des réponses. « La société est-elle en capacité d’aller plus loin en intégrant les travailleurs handicapés en milieu ordinaire. Vont-ils toujours rester en établissements ? Est-ce que l’économie sociale et solidaire peut leur faire une place même si leur capacité de production est différentes et peut-on répondre à leur besoin d’accompagnement social » sont quelques unes des questions qui seront abordées. Pour Alain Arrivets, ce débat est « nécessaire pour construire l’avenir, mais avec les travailleurs handicapés. »
MATHIEU GENTILE
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