 Devant 80 personnes, en présence d’élus et du député maire d’Avignon, la petite nièce de l’artiste annonce la création d’un musée Camille Claudel à Nogent sur Seine (PHOTO M.G) Montfavet. 65 ans après la disparition de Camille Claudel, une stèle vient d’être érigée.
« Aujourd’hui est un jour heureux qui marque la réparation d’une injustice pour une femme et une artiste » déclare Reine Marie Paris de la Chapelle. Avec des larmes dans la voix, la petite nièce de Camille Claudel estime que désormais la stèle érigée au cimetière de Montfavet marque « la conclusion d’une tragédie. »
Le 19 octobre 1943, à l’âge de 79 ans, Camille Claudel s’éteint à l’asile de Montdevergues où elle venait de passer 30 ans d’internement. Elle est inhumée le surlendemain dans le « carré des fous », une fosse commune.
Camille Claudel voue ses jours et ses nuits à sa passion, la sculpture. Soutenue par son père et son frère Paul, elle rêve d'entrer dans l'atelier du grand maître Auguste Rodin. Après lui avoir démontré son talent et sa détermination à travailler avec lui, Rodin l'engage comme apprentie. Camille Claudel deviendra son égérie.
Dans les dernières années du XIXème siècle, Camille Claudel reçoit ses premières commandes privées de mécènes, qui lui permettront d’exprimer son talent. Après le départ de son frère l’écrivain Paul Claudel pour la Chine en 1906, elle cesse toute activité créatrice et entreprend la destruction de ses œuvres. Obsédée par le souvenir de Rodin, elle accuse de lui voler ses idées et ses œuvres. A la mort de son père en 1913, elle est internée d’abord à Ville-Evrard puis en 1914 à Montevergues.
Une forme de reconnaissance
Petite fille de Paul Claudel et spécialiste de l’œuvre de son aïeule, Reine Marie Paris de la Chapelle a dévoilé samedi, la stèle consacrée à Camille Claudel 65 ans après sa disparition, dans le cimetière de Montfavet, « lieu de mémoire pour l’une des plus grandes artistes françaises, un lieu où ses admirateurs pourront se recueillir. » Jusque là, indique Reine Marie Paris, sans tombe, Camille Claudel n’avait eu droit qu’à une couronne en fleurs artificielles en 2003 clouée sur un arbre et finalement volée. En 2007, une autre couronne avait été détruite. « Si ses os sont mêlées à ceux des compagnes d’infamies » devait précise la petite fille de Paul Claudel. Avec l’appui de la municipalité, « l’opération qui a duré deux ans » est une forme de reconnaissance. « Elle n’est pas morte, elle vit au travers de ses œuvres. Dans trois ans, Nogent sur Seine se dotera d’un musée Camille Claudel. »
MATHIEU GENTILE
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