 Simulation de trois attentats de type nucléaire, bactériologique, radiologique et chimique. BRUNO ISOLDA Camp de Canjuers. La ministre de l’Intérieur s’y est rendue hier dans le cadre d’un exercice européen.
La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, s’est rendue hier après-midi au camp de Canjuers dans le cadre de l’exercice européen « Var 2008 », qui a débuté mercredi et se poursuit jusqu’à aujourd’hui sur l’initiative de la Protection civile.
Depuis 2001, le Conseil européen a institué un système « communautaire » afin de renforcer la coopération entre les différents pays de l’Union lors d’interventions relatives à la protection civile. « Var 2008 » découle aussi de la décision de la commission européenne, le 20 décembre 2007, de travailler en particulier sur la protection civile face aux catastrophes (naturelles, industrielles…) ou attaques terroristes. Menace terroriste qui reste relativement importante en Europe et en France, selon Michèle Alliot-Marie, la France étant d’ailleurs actuellement en « Vigipirate rouge ». « La menace est élevée, réelle et constante. Le terrorisme cherche une opportunité de faire des opérations spectaculaires dans les médias afin de déstabiliser nos institutions et nos valeurs », a-t-elle souligné lors d’un point presse à l’issue de sa visite éclair. C’est pourquoi, selon elle, « un pays ne peut pas assumer seul ces risques majeurs ». C’est ainsi que neuf Etats (Luxembourg, République Tchèque, Allemagne, Suède, Italie, Portugal, Belgique, Espagne et la France) ont participé à l’exercice, qui mêlait forces militaires et civiles. En tout, 1 200 personnes ont été mobilisées. La dernière simulation impliquant différents pays européens remonte à 2007 avec l’exercice « Eulux » mais la France n’avait rien organisé depuis 2005.
Scénarii catastrophes
Les différents scénarii de « Var 2008 » s’appuient sur une menace de risques dits NBRC (nucléaires, bactériologiques, radiologiques et chimiques). « Nous préparons la guerre que nous espérons ne jamais mener », explique le colonel Martin, chef des sapeurs-pompiers du Var. Le prétexte choisi est que la France accueille une compétition sportive internationale pendant trois jours. Le premier jour, un attentat avec dispersion d’un agent biologique survient dans une salle de cinéma. Le lendemain, c’est un attentat à la bombe « sale » qui cible un dispositif de secours. Aujourd’hui, le scénario prévu est l’épandage d’un agent chimique dans un stade d’entraînement, faisant 2400 victimes potentielles. Mise en place d’un centre opérationnel, évacuation des victimes, chaînes de décontamination puis orientation vers le poste médical avancé en fonction de l’urgence : les différentes étapes s’enchaînent. Chaque fois, l’objectif est de tester l’efficacité des équipes pour régler rapidement une situation de crise en temps réel. Reste à faire le débriefing pour analyser les difficultés et les dépasser. Des recommandations seront alors formulées et pourront être adoptées lors du sommet des chefs d’Etat et des gouvernements qui se tiendra en décembre.
MARIELLE VALMALETTE
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