 Les personnels, mobilisés pour la deuxième fois en dix jours, comptent désormais interpeller la classe politique. BRUNO ISOLDA DCNS. Trois à quatre cents salariés ont muré hier matin l’entrée de la direction. Ils réclament le retrait du projet de loi relatif à la programmation militaire 2009-2014.
A l’appel des syndicats CGT, CFDT, Unsa et FO, trois à quatre cents salariés du site de DCNS Toulon se sont rassemblés hier matin devant leur direction qu’ils ont symboliquement condamnée en murant l’entrée. Dans la ligne de mire, le projet de loi relatif à la programmation militaire 2009-2014, dont les syndicats réclament le retrait alors qu’il a été entériné en conseil des ministres le 29 octobre. « L’article 10 du projet de loi engendre la délocalisation et la privatisation de DCNS, explique Florent Vanheuverzwyn, secrétaire général du syndicat CGT Arsenal. L’Etat peut se désengager, ne conserver que 33% du capital et on autorise la mise à disposition des personnels des filiales. » Actuellement, les salariés ne peuvent être mis à disposition d’une filiale où DCNS est minoritaire. D’où les craintes des salariés liées à la perte de leur lieu de travail, de cette mobilité accrue, et du devenir de leurs droits statutaires et accords collectifs. La mobilisation d’hier était la deuxième des salariés du site de DCNS Toulon sur ce thème. Le 4 novembre, une première initiative avait rassemblé près de 400 personnels à l’occasion de la rencontre entre les fédérations syndicales et le ministère de la Défense. Les syndicats avaient alors réclamé la tenue d’un Comité Central d’Etablissement (CCE) extraordinaire sur la question législative concernant le groupe DCNS. Une requête accordée puisqu’un CCE extraordinaire a eu lieu hier à Paris. Mais les syndicats estiment avoir été « abusés ». « L’ordre du jour ne porte que sur l’application et les conséquences de la future loi alors qu’elle n’a toujours pas été votée ! », dénonce Florent Vanheuverzwyn, précisant qu’elle ne pourra pas l’être avant janvier 2009.
Interpeller les politiques
Les personnels se sont donc à nouveau mobilisés hier matin pour réaffirmer leur demande de retrait pur et simple du projet de loi. Une motion a ainsi été déposée à la direction qui l’a remise au CCE. Les salariés ont également réitéré leur « exigence » d’une rencontre tripartite entre DCNS, l’Etat et les organisations syndicales pour évoquer la politique industrielle de l’entreprise, le plan de charge et le devenir des emplois. Les personnels envisagent désormais d’interpeller la classe politique, notamment Hubert Falco, secrétaire d’Etat à l’Aménagement du Territoire, et le député Philippe Vitel (UMP), vice-président de la Commission de la Défense. « Le budget de la Défense, avec une baisse du budget du maintien en condition opérationnelle, a été voté par les députés UMP, le PS s’est abstenu et le PCF a voté contre. Qu’ils en assument les conséquences en termes d’emplois », prévient Florent Vanheuverzwyn.
SERGE PAYRAU
|
|
|