 Frédéric Achard / Géraldine Bascou : couple séparé… ou réconcilié ? Photo: PAUL LADOUCE Humour. La Cie Scènes d’Esprit fait son come-back au café-théâtre et présente « L’ex-femme de ma vie » de Josiane Balasko à l’Archange. Interview du metteur en scène, Xavier-Adrien Laurent
L’ex-femme de ma vie de Josiane Balasko fait partie de ces comédies qui semblent résister au temps. Jouée pour la première fois au théâtre en 1988, puis transposée au cinéma en 2005, la pièce est aujourd’hui adaptée par la compagnie marseillaise Scènes d’esprit.
Un come-back réalisé sur les planches de l’Archange pour cette troupe qui a fait les beaux jours du Chocolat Théâtre et qui arpente les collines avec les célèbres randonnées théâtrales de Pagnol (dont la dernière de la saison est prévue ce samedi 2 novembre).L’occasion pour Xavier-Adrien Laurent de signer une œuvre enjouée appelée à s’inscrire dans la durée. Interview.
Comment est née cette adaptation de « l’Ex-femme de ma vie » de Josiane Balasko ?
C’est une habitude dans la compagnie Scènes d’esprit de monter, en parallèle des randonnées de Pagnol, des textes un peu plus légers. Frédéric Achard, qui tient le rôle principal masculin, m’a donc proposé cette œuvre dans laquelle on retrouve l’esprit de Gazon maudit. Avec cette façon très particulière d’explorer les différentes facettes des personnages. Jusqu’à la cruauté.
En 2005, Josiane Balasko a également réalisé le film « l’Ex-femme de ma vie ». Vous en êtes-vous inspiré ?
Pas vraiment. J’en ai seulement vu quelques séquences. Ce qui est intéressant, c’est qu’elle a réinvesti le texte de la même façon qu’elle l’avait fait avec le Splendid pour Le Père Noël est une ordure. Elle cherche toujours à aller plus loin. Personnellement, j’ai voulu créer un vaudeville moderne, sans portes qui claquent, tout en gardant l’atmosphère des années 80. C’est une période où on a commencé à accepter que les couples se séparent et que les familles se recomposent.
Des thèmes importants chez Balasko ?
Oui. Dans L’ex-femme de ma vie, on suit l’histoire d’un couple qui ne s’est plus vu depuis leur divorce. Un jour, la femme, qui est enceinte et qui vient de se faire larguer par son mec, se pointe au domicile de Tom, son ex. Ils vont être obligés de cohabiter. Par flash-back, on va apprendre les moments clés de leur relation : la séparation, leur mariage, leur rencontre… Autant de souvenirs qui reviennent à la surface, comme s’ils faisaient partie du présent. Tom va alors se rendre compte qu’à 35 ans, il vit une existence qui ne le mènera nulle part.
L’adaptation est-elle passée par une réécriture ?
On a gardé 95% du texte initial. On s’est en revanche accordé la liberté que l’action se déroule à Marseille, tout simplement car il y a beaucoup de références à des lieux. Par conséquent, les personnages habitent Saint-Just ou Périer, et travaillent aux Chartreux. Ca nous permet de projeter le public dans son quotidien et d’augmenter la proximité.
Du point de vue de la mise en scène, comment avez-vous restitué l’atmosphère des années 80 ?
On a accordé une grande importance à l’esthétique, avec un décor entièrement en plastique transparent et la mise en avant du tabouret diabolo (rires), un objet emblématique de cette époque et qui revient à la mode. Quant à l’ambiance, elle n’est pas loin d’Almodovar. Le ton est très mordant, avec des personnages à vif, et hauts en couleurs. Assurément, il y a quelque chose de très méditerranéen dans cette pièce.
PROPOS RECUEILLIS PAR CEDRIC COPPOLA
« L’ex-femme de ma vie », de Josiane Balasko, par la cie Scènes d’Esprit, m.e.s. Xavier Adrien Laurent, avec Frédéric Achard, Géraldine Bascou, Sandra Jouet, Eric Mouradian jusqu’au 29/11 (jeu-ven-sam à 20h45, relâche le 28/11) au théâtre de l’Archange, 36, rue Négresko, Marseille 8e. 04.91.76.15.97 et larchange.fr
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