 La manifestation qui s’est tenue hier à Marseille en annonce d’autres, à savoir le 11 en Poitou-Charentes et le 12 à Paris. ROBERT TERZIAN Agriculture. Quelque 2°500 brebis ont battu le pavé à Marseille hier matin. Les éleveurs ovins de la région réclament une aide des pouvoirs publics pour obtenir des revenus décents.
Dix heures tapantes hier matin. Un attroupement se forme déjà à la Porte d’Aix. A l’appel de la fédération régionale ovine du Sud Est (Frose) et des fédérations départementales (FDO), soutenues par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, plusieurs centaines d’éleveurs se sont réunies à Marseille, venant des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et des Alpes. Dans le cortège, chapeaux, bâtons de berger et autres équipements rustiques ne manquent pas. Quelques minutes s’écoulent et voici sept semi-remorques qui débarquent à leur tour. A bord, des centaines de brebis s’agglutinent.
Dès 10h30, les bêtes descendent de camion. Bousculades pour sortir des véhicules. Les bêlements retentissent. Une odeur de campagne s’exhale soudain. « Comme c’est joli », s’émerveille une passante. Les moutons convergent alors vers les pelouses de la porte d’Aix. Le temps de réunir tout ce petit monde (et de se faire ouvrir la voie par les services de police), la manifestation peut commencer et se diriger vers le Vieux Port. Si les sourires restent sur les visages, la détermination s’y dessine également. « Je travaille dans les Hautes-Alpes, témoigne Thierry. Nous sommes venus en nombre avec deux cars ! » L’objectif de l’action se lit sur les nombreuses banderoles qui jalonnent le cortège : « les oubliés de la PAC » ou encore « la honte : 70% d’importations et nous, on crève ».
Entre 4 et 5 euros le kilo !
Drapeau des Jeunes Agriculteurs en main, Guillaume Couturier, un éleveur de 34 ans, a fait le chemin depuis l’Aude pour « réclamer une revalorisation de la filière ». Il dresse le même constat que ses confrères provençaux. « Les charges n’arrêtent pas d’augmenter mais le prix de vente de bouge pas, s’agace-t-il. En 1975, mon père vendait sa viande à 30 francs le kilo. Aujourd’hui, on nous l’achète à 4,50 ou 5 euros le kilo ! »
Le consommateur final ne paie pourtant pas ce prix là. « Il y a beaucoup d’intermédiaires, explique Thierry. On passe par un groupement de producteurs qui revend à un chevillard (abattoir) pour enfin arriver chez le distributeur. Résultat : quand vous achetez deux gigots vous payez le prix qu’on nous donne pour un agneau ! » D’où le courroux de Frank Dieny, président de la Frose. « On dénonce la pratique des grandes surfaces », s’écrie le responsable qui suspecte ces enseignes de « vendre leurs importations à perte pour ensuite faire leur marge sur les productions locales ».
Pour sortir du gouffre, la fédération nationale ovine réclame l’intervention des pouvoirs publics. « Nous demandons une équité entre les filières, insiste Frank Dieny. Les bovins bénéficient d’aides par bête de 30 euros supérieures aux nôtres. »
MARJOLAINE DIHL
http://www.nosbrebis.fr
|
|
|