 Un service public de proximité, facteur d’égalité entre les usagers de tout le territoire. Photo archives RT La Poste. Le collectif départemental contre la privatisation du service public postal organise un débat contradictoire. Il se déroulera jeudi 13 novembre à 18h15, salle des fêtes Eugène-Lanteri au Rove.
Il en faudra plus que le récent bafouillage audiovisuel d’Henri Gaino sur le devenir de La Poste, pour faire renoncer les adversaires de la privatisation du service public postal au combat qu’ils ont engagé pour le retrait du projet annoncé dès le mois de juillet par le président Jean-Paul Bailly.
Histoire de s’en convaincre, il suffit de se souvenir que l’idée d’un grand débat public contradictoire à l’initiative du Collectif des Bouches-du-Rhône contre la privatisation du service public postal est antérieure aux annonces formulées puis démenties par la voix de l’Elysée. Elle est plus que jamais d’actualité. Ca se passera donc jeudi 13 novembre à partir de 18h15 en la salle des Fêtes Eugène-Lanteri du Rove.
L’événement est à noter. D’une part, parce que, à l’instar de ce qui existe au plan national, le Collectif 13 contre la privatisation regroupe l’ensemble des organisations syndicales de La Poste, leurs unions départementales, la FSU, l’ensemble des formations politiques de gauche, des associations aussi diverses que « Vivent les services publics », Indecosa CGT, la Fondation Copernic, Attac ou la LDH 13 (Ligue des droits de l’homme). Ce qui constitue un front d’une ampleur que l’on n’avait pas enregistrée depuis longtemps. Et qui fait dire à plus d’un militant politique, syndical ou associatif que l’ « on peut gagner ».
D’autre part, parce que les initiateurs de cette soirée ont voulu en faire un « débat public et contradictoire » auquel ils ont invité des élus favorables au projet, et la direction de La Poste. Egalement sollicitée, l’UPE 13, antenne départementale du Medef, a déclaré ne pouvoir répondre à cette invitation.
Enfin, le flottement évoqué ci-dessus en témoigne, le gouvernement ne semble pas, quoiqu’il en dise, particulièrement à l’aise sur un dossier qui peut susciter contre lui un rassemblement de nature à renvoyer le président de La Poste et le pouvoir sarkozyste à leurs chères études.
Pour Jean-Marc Coppola, conseiller régional, secrétaire départemental et dirigeant national du PCF, ce débat est de nature à montrer qu’il s’agit là d’ « un choix de société », et qu’il existe donc « une autre issue que celle envisagée par le gouvernement ». Et de poursuivre : « Nous voulons confronter des arguments contradictoires. » Il estime que le contexte est de ce point de vue plus favorable que celui existant avant la crise financière. Non seulement il souhaite que l’action engagée impose le retrait du projet, mais qu’elle débouche sur le développement et la modernisation du service public postal.
CHRISTIAN CARRERE
Georges Rosso : « Privatiser La Poste, c’est amputer la République »
Maire communiste du Rove, Georges Rosso précise qu’il n’est pas l’initiateur du débat de jeudi prochain, dans la salle des fêtes Eugène-Lanteri de sa commune. Mais il ajoute aussitôt, qu’il accueillera d’autant plus volontiers cette initiative qu’il est lui-même « ancien postier », et qu’il partage les objectifs des organisateurs de cette soirée. Une appréciation qu’il partage avec de nombreux Rovenains. D’ailleurs, précise-t-il, « nous n’avons pas attendu l’annonce du changement de statut de La Poste et la perspective de l’ouverture de son capital, elle-même prélude à la privatisation, pour défendre le service public postal ». Ainsi, rappelle-t-il, qu’à l’annonce de la fermeture du bureau de poste de la commune, une demi-journée par semaine, « les communistes du Rove avaient lancé une pétition qui a recueilli 1 000 signatures en un laps de temps des plus réduits ». Autant dire que les participants au débat du 13 novembre seront les bienvenus au Rove.
C’est si vrai que Georges Rosso considère La Poste comme « un fleuron de notre République » et que sa privatisation serait « la privatisation d’un morceau de la République ».
Pour sa part, l’Association départementale des élus communistes et républicains (Adecr) a réaffirmé lors de son assemblée générale du 6 novembre, son « opposition résolue au projet de privatisation de La Poste, d’ouverture de son capital ». L’association appelle « l’ensemble des élus progressistes à participer en nombre au débat » de jeudi soir. Elle appelle aussi à la manifestation du 22 novembre à Marseille.
CH.C.
|
|
|