 L’Espace Corderie c’est un jeu de boules, un terrain de basket, des bancs pour les anciens, la possibilité pour les gamins de jouer au foot ailleurs qu’autour des voitures, le dernier espace de liberté dans le quartier. (Photo MIGUE MARIOTTI) Espace Corderie. Le projet immobilier annoncé sur le site ne fait pas l’unanimité des habitants. La mairie de secteur a donné en juillet dernier un avis défavorable au permis de construire.
Les jardins de la Corderie devenus avec le temps l’Espace Corderie ont connu de beaux jours avec ses 6 600 mètres carrés d’espace de liberté pour les habitants. Certes, il est actuellement laissé à l’abandon, peut-être en raison d’un projet immobilier qui est annoncé depuis plusieurs années.
« Cet espace a vu le jour, raconte, Michel Thibout, président du CIQ Endoume- Vallon Jourdan, lorsque les immeubles des équipements militaires ont été abattus dans les années 1970. Ce jardin public en restanque, adossé au dernier vestige du rempart Louis XIV, est inscrit dans le répertoire des parcs et jardins de la ville ».
Il assène : « C’est un espace public répertorié qui saute pour faire du béton. De l’activité publique qui est sacrifiée et qui a terme va disparaître. »
Michel Thibout rappelle les différentes étapes inhérentes au destin de l’Espace Corderie.
L’état de délabrement de ce périmètre a généré une promesse de réhabilitation inscrite dans le programme 2001. Ensuite plus rien n’a été fait jusqu’au vote du conseil municipal en juillet 2005 par lequel le terrain est déclassé du domaine communal et vendu à la société ADIM SUD pour 2, 850 millions d’euros pour la réalisation d’un programme immobilier de 115 logements dont 30% vendus à coût maîtrisés. Il était également précisé que « les aires de jeu de la partie haute resteraient publiques. »
Une barre de 130 mètres de long et 28 mètres de hauteur
Le dossier déposé en mars 2006 par ADIM SUD en vue de l’obtention du permis de construire laissait apparaître que le projet de l’architecte Daniel Deluy était une barre de 130 mètres de long, 18 mètres de large et 28 mètres de hauteur (R+9) placé dans l’alignement de l’immeuble administratif. Il était prévu 146 logements avec 317 places de stationnement pour la copropriété auxquels s’ajoutaient 82 places vendues aux habitants du quartier au prix du marché.
« Ce projet a suscité une vive émotion dans le 7e arrondissement. L’espace public subsistant dans cette opération était un toit terrasse de parking coincé entre l’immeuble et ses jardins privatifs d’une part et le vestige du rempart d’autre part. »
Sous la pression des habitants, Jean Roatta, l’ancien maire du secteur, annonce en juillet 2006, le gel du projet pour cause de non-respect de la délibération du conseil municipal du 18 juillet 2005.
En 2007, un autre projet sort du chapeau. Il est alors question de sauvegarder une partie des jardins publics sur la partie sud face à des logements en rez-de-chaussée qui possèderaient des jardins privatifs et un chemin d’accès. « Il ne resterait donc plus qu’une bande de terrain coincée entre le mur historique et le chemin. Un projet à l’identique. »
Un espace réservé à des équipements publics
La fédération des CIQ du 7e arrondissement n’est pas favorable à ce projet. Son président Jean-Claude Rostain souligne que « l’ensemble des CIQ souhaiterait que cet espace soit réservé à des équipements publics, une crèche serait la bienvenue. Il faut absolument revoir le projet dans son ensemble ».
Le 28 juillet 2008 lors de la commission d’examen des permis de construire de la mairie du 1ersecteur, un avis défavorable a été donné sur cette nouvelle demande du promoteur.
Christophe Lorenzy, 1er adjoint au maire des 1/7 explique : « Nous ne sommes pas contre la construction à condition qu’elle prenne en compte les critères sociaux. Il faut 1/3 de logements sociaux, 1/3 de logements à coût maîtrisé et 1/3 de logements libres. Avec l’arrivée de famille, une crèche doit être inscrite au projet. Une prise en compte de parkings pour les résidents et les riverains doit être imposée au promoteur. Des commerces de proximité doivent voir le jour ainsi que le développement d’un espace vert qui puisse faire le lien avec les jardins de la Colonne. Il faut que tout ça soit redéfini ».
Du côté de la ville de Marseille, Danièle Servant, adjointe au maire, déléguée à l’urbanisme souligne qu’« il n’y a rien de nouveau sur ce dossier qui est toujours à l’étude pour l’obtention du permis de construire ».
Le promoteur contacté parle de révision du dossier et prévoit un démarrage des travaux fin 2009.
PATRICIA MAILLE-CAIRE
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