 8% des étudiants tous sexes confondus, avouent avoir fait, un projet de suicide et 3% déclarent être passés à l’acte. Photo: LAURENT SACCOMANO Santé. Les étudiants de première année de la Région interrogés sur leurs comportements de santé. Une enquête unique dont les résultats ouvrent la voie à diverses actions de prévention.
Une grande première en France. Le Baromètre établi par l’Observatoire Régional de la Santé sur les conditions de vie et de santé des étudiants de première année de notre région n’a jusqu’à ce jour aucun équivalent dans notre pays. S’il existe quelques études fragmentaires, aucune recherche de cette envergure n’a été menée jusqu’à ce jour. Et pourtant…
« L’entrée à l’université constitue pour les jeunes une période de changement cruciale, souligne Valérie Guagliardo, l’une des membres du comité scientifique mis en place pour la réalisation des questionnaires et des analyses. Une période où se forgeront la nouvelle identité psychologique et sociale des jeunes ainsi que des habitudes de vie qui auront un impact direct sur leur santé ».
Ont donc été passés au peigne fin sur un échantillon « représentatif » de 2557 étudiants par contact direct, « ce qui est de toute première importance », souligne Valérie Guagliardo, l’usage du tabac, de l’alcool et du cannabis, le comportement alimentaire et la corpulence déclarée, la vie sexuelle et les comportements à risque (lire ci-dessous), la santé mentale et le recours aux médicaments psychotropes.
1 étudiant(e) sur 4 fume.
Il faut croire que les campagnes de prévention, cheval de bataille de la santé publique française, commencent à porter leurs fruits. La consommation de tabac, d’alcool et de cannabis semble être, dans notre région, en courbe descendante. Si le recours à la clope concerne un quart des étudiants (garçons et filles), le cannabis est moins présent que durant les années de lycée même si 30,9% des personnes interrogées ont admis s’être roulé un petit joint une fois au cours des douze derniers mois.
Et pour ce qui est de l’alcool, ce sont les garçons qui lèvent le plus souvent le coude. 11% d’entre eux, contre 5% de filles déclarent en boire 10 fois par mois. Plus fréquent que par le passé cependant, la grosse cuite rapide et brutale qui défraye souvent la chronique, et qui peut être révélatrice de problèmes psychologiques…
Persistance de la mal bouffe
En ce qui concerne les habitudes alimentaires, on est bien loin des recommandations du programme national nutrition santé et des « 5 fruits 5 légumes» que seulement 12% des garçons et 17% des filles disent consommer quotidiennement. Fréquence de la maigreur élevée chez les filles, tendances à l’obésité chez les garçons, autant de signaux « pouvant alerter sur un risque d’anorexie mentale et de boulimie… »
Vulnérabilité psychologique
Et comment vivent-ils leurs 20 ans, ces filles et ces garçons qui font leurs premiers pas sur les campus ? Mal-être et souffrance psychologique sont fréquents et ressentis par 33% de filles qui ont recours à des médicaments psychotropes. 8% des étudiants tous sexes confondus, avouent avoir fait, un projet de suicide, c’est-à-dire échafaudé un plan pour mettre fin à ses jours et 3% déclarent être passés à l’acte.
Et maintenant ?
Si les résultats de cette enquête ont jeté un éclairage nouveau sur les comportements de santé des étudiants de la Région Paca, les responsables de l’Observatoire de Santé font état de leur volonté de ne pas en rester là. « D’ores et déjà, conclut Valérie Guagliardo, nous avons partagé la connaissance acquise avec différents acteurs de santé et nous souhaitons surtout que les étudiants se l’approprient. Afin de donner le maximum d’efficacité aux actions de prévention que cette enquête ne manquera pas de générer »…
GERARD LANUX
|
|
|