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Accueil arrow Le Mag arrow Reportages arrow Des Carmes à la Joconde, en 10’ chrono 08-02-2012, 01:35

Un extrait de Crésus, de Jean Giono


crésus (1960)
envoyé par pastre_du_vilatge.

Des Carmes à la Joconde, en 10’ chrono

16-09-2008
 

 

Photo Laurent Saccomano
Photo Laurent Saccomano
Visite express. Balade patrimoniale le long de l’A7, pour une redécouverte des richesses du Nord marseillais. Réservée aux curieux pressés. 


Les journées européennes du patrimoine, c’est consacrer un week-end  à poser les yeux sur des trésors culturels qui ont parfois mis des siècles à s’édifier. Mais dans nos sociétés pressurisées, même ce laps de temps-là peut manquer. Une solution pour ceux qui vivent au pas de course : prendre l’A7, à condition de respecter la limite de vitesse, et jeter un œil à droite, à gauche, pour repérer des points emblématiques de l’histoire marseillais. Avec pour copilote ces quelques indications.
    On s’installe dans l’auto, on règle ses rétros, boucle sa ceinture. Contact. Et c’est parti pour un tour, succinct soit, d’un héritage qui part du XIIe siècle pour une ligne d’arrivée sur une installation contemporaine. C’est rapide, pas trop cher (tout dépend de votre consommation d’essence) et simple. Il suffit d’emprunter l’A7 au niveau des Aygalades, pour n’en sortir qu’à Saint Charles.
   

 Aux Aygalades l’A7 suit la courbe du ruisseau Caravelle, quiirrigue encore le Vallon des Carmes. Là, une signalétique flèche sur la droite, en hauteur, un mur de pierres de taille comme suspendu à flan de colline. Bien que le site soit le seul monument des quartiers Nord classé et inscrit, son accès est presque interdit, barré par l’enceinte du cimetière. L’A7 offre donc un des rares point de vue sur cet ermitage hérité des Carmes d’Haïfa, venus goûter la fraîcheur du vallon et méditer à l’abri de grottes naturelles transformées en habitat troglodytes. Marseille orientale, c’était déjà au XIIe siècle.
    Plus loin, on fait un bon dans l’histoire en matant à gauche. On distingue une bastide laissée en friche, La Guillermy, planquée derrière un écran de verdure, surmontée par la copropriété de Montléric, seule cité a posséder deux piscines plein air, construites dans les anciens bassins du jardin d’hiver de la villa Augusta. On avance de quelque centaine de mètres, au niveau de la place du Roy René. Là rien d’indiqué, mais bon à savoir : vous rouler sur la terrasse du château de conte Falque, propriété domaniale rasée à la construction de l’A7. N’en reste qu’une porte devenu pizzeria Farouk et un tunnel sous l’A7.
    En face, les Créneaux, qui tire sont nom des murs crénelés et encore visibles des anciens domaines. La cité vaut le coup d’œil, car elle vit ses derniers jours. Elle fait l’objet d’une opération Anru, qui prévoit de la raser.
    Enfin, on quitte les abords du ruisseau. A partir de là, il s’engouffre sous l’asphalte, pour ne ressortir qu’à Bougainville, version égouts. La sortie n’est pas loin : après avoir frôlé le Toursky, scène nationale, qui veut avec Léo Ferré, « donner l’alarme avec des cris d’oiseaux », on amorce une ligne droite dans Marseille, bonne mère en ligne de mire. Pensez à accélérer en souriant si vous souhaitez une photo souvenir. La police transmettra.
    Pour un final du parcours éclair en art contemporain, pendre la sortie Saint Charles. Virer sous le tunnel. Stopper au feu. Et scruter la paroi interne du pont. Au milieu de la déco de feuilles de métal ajourées, apparaît l’énigmatique Icône : une reproduction de la Joconde, un peu poussiéreuse depuis les quelques années qu’elle trône sous ce tunnel en toute indifférence.  Mais d’ici à savoir si cette installation est l’écho d’un artiste contemporain à l’urinoir de Duchamp ou l’œuvre d’un mec bourré…la Madone garde tout son mystère. 


MYRIAM GUILLAUME




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