 L’Europe est bien décidée à faire entendre sa voix. (PHOTO DR) Union européenne. Depuis Marseille les 27 appellent le nouveau président américain à un partenariat équilibré.
Marseille connaît actuellement une intense activité diplomatique. Hier, les chefs de la diplomatie de l’Union européenne se sont réunis pour appeler le prochain président américain à refonder le partenariat transatlantique. Cette réunion informelle s’est tenue en présence de Bernard Kouchner ministre des Affaires Etrangères français, représentant la présidence de l’Union, Javier Solana, diplomate en chef de l’UE et Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux Relations extérieures. Elle conclut un travail qui a débuté en septembre dernier en Avignon.
Bernard Kouchner, devait annoncer en avant propos. « Nous ne rendrons pas le texte, court, six feuillets, public avant l’élection présidentielle ».
Il avance : « Ce document n’est pas une suite de certitudes mais un socle de valeurs et d’objectifs communs à disposition des 27 pays qui l’utiliseront chacun comme il l’entend ».
Il décline : « Le multilatéralisme doit se développer. Un grand pays, ami, les Etats-Unis, restera un pays ami mais ne peut décider seul des affaires du monde. L’Organisation des nations unies doit être revue, et nous pensons pouvoir le faire en nous appuyant sur des exemples précis ». Il ajoute : « Il faut également saisir l’occasion de la crise pour être partenaire des pays en voie de développement ».
Benita Ferrero-Waldner précise : « Nous espérons que le nouveau Président américain viendra prochainement nous rendre visite à Bruxelles ».
Et Bernard Kouchner de reprendre : « Quel que soit le futur président américain, les États-Unis auront encore plus besoin de l’Europe demain. Les décisions unilatérales seront de plus en plus difficiles à prendre ».
Concernant le Moyen-Orient il indique qu’« il faut poursuivre le processus d’Anapolis ». Car, poursuit-il : « Nous sommes dans une période de vide absolu. Le gouvernement israélien expédie les affaires courantes. Il va y avoir des élections en Palestine et les États-Unis votent ce mardi. Mais nous n’abandonnons pas. Le processus politique doit se poursuivre et nous entendons prendre toute notre place dans ce dossier ». Le problème de l’Iran et de l’Irak se posent également : « La solution ne peut pas être uniquement militaire ».
Quant à la Russie, il considère que « c’est un grand voisin qui a beaucoup changé et avec lequel nous devons poursuivre le dialogue sans mettre pour autant le drapeau des droits de l’Homme dans la poche ». Il faut aussi, pour le ministre français : « développer le dialogue avec la Chine et l’Inde ».
La réunion informelle précède la conférence interministérielle de l’Union pour la Méditerranée réunissant 43 pays du continent européen et du pourtour méditerranéen. Une rencontre lors de laquelle devrait être choisie la ville qui accueillera le siège permanent de l’Union pour la Méditerranée.
MICHEL CAIRE
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