 Quand la culture donne sens à l’union pour la Méditerranée (Photo LAURENT SACCOMANO) Rencontre. Des Etats généraux culturels méditerranéens particulièrement riches.
Au terme des deux jours de travaux des Etats Généraux culturels méditerranéens comment ne pas être d’accord avec Jacques Huntzinger, ambassadeur de France en charge des ateliers culturels de la Méditerranée lorsqu’il avance que le volet culturel est essentiel pour le succès de l’Union pour la Méditerranée. Essentiel par son objet : la culture, au sens large, essentiel parce que les acteurs de la société civile y occupe toute leur place. Affiche les attentes de la population dans ce domaine, les contradictions, les possibles. Affiche l’impérieuse nécessité de voir cette démarche aboutir sous peine de voir une Méditerranée encore plus conflictuelle, de voir désespoir et colère encore croître sur les deux rives.
Les huit commissions ont rendu, hier soir, leurs conclusions, toutes plus riches les unes que les autres.
La commission histoire et patrimoine (voir ci-contre), plaide en faveur de la création d’un manuel complémentaire en direction de la formation des enseignants de la Méditerranée. Les premières lignes de l’ouvrage sont déjà écrites : « Il était une fois la Méditerranée… le reste est à faire ».
Le deuxième atelier a travaillé sur l’image, l’audio et le cinéma. Les propositions sont nombreuses : faire circuler les images sur la rive sud, la création d’une rédaction transnationale, Euromed News, la création d’une chaîne vitrine de la Méditerranée, d’une web radio, un projet de portail dédié à la mémoire en Méditerranée…
L’atelier trois, a travaillé sur la traduction. « La langue n’est pas un outil de communication, c’est un monde en soi et la traduction n’est pas un univers neutre, elle se fait dans des rapports de force ». L’atelier avance comme projets de fédérer les acteurs, de développer des actions pilotes et qu’un inventaire des traductions est nécessaire. « Notre projet vise à remettre au niveau nécessaire la traduction, le rapport à l’autre ».
L’atelier quatre, travaille sur la question des artistes, des mobilités. Il met en avant la grande pauvreté des actions en ce domaine. « Le statut d’artiste est inexistant dans de nombreux pays ». La difficulté « est évidente de proposer des projets concrets tant l’asymétrie de moyens entre le Nord et le Sud est grande. Il faut donc renforcer en premier lieu les capacités et travailler, dans un même temps, sur la formation, le développement de réseaux au service des échanges, améliorer le cadre légal et le statut de l’artiste. Il est nécessaire d’agir sur la notion d’autonomie de l’artiste et développer les outils de soutien à la création artistique ». La représentante de l’atelier n’omet pas, enfin, de signaler : « La culture est un acte citoyen qui a besoin de la démocratie ». Et de plaider pour que, à défaut d’un volet culturel spécifique, la culture soit présente dans les six volets affichés comme prioritaires dans la déclaration de Marseille.
L’atelier sur le religieux avance un travail particulièrement riche, de nombreuses propositions concrètes. Emet la possible création d’un manuel d’histoire des religions, un module de formation, en direction des Hommes de religion, commun aux trois religions (juive, catholique et musulmane), la formation des journalistes au fait religieux, une muséographie sur les lieux de culte partagés ou disputés, la création d’un observatoire du pluralisme religieux, etc.
L’atelier six, a travaillé sur la modernisation des sociétés. Il considère que cette modernisation passe notamment par les droits de l’Homme, la situation de la femme, le droit de la famille, celui du travail et de la protection sociale. « La tâche paraît considérable mais nécessaire et possible ».
L’éducation est abordée, sous toutes ses formes, par l’atelier sept. Il demande à l’Union pour la Méditerranée de formuler un agenda sur cette seule question tant les propositions sont nombreuses, les enjeux tout autant.
Enfin, l’atelier huit plaide pour le respect de la diversité, le respect des minorités, la libre circulation, le développement du concept de communauté euroméditerranéenne avec l'idée de citoyenneté méditerranéenne.
Et tout le monde attend, bien sûr, que les Etats généraux se poursuivent.
MICHEL CAIRE
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