Commentaire
Quand les médias consentent à parler des élections prud’homales, c’est pour dire qu’elles n’intéressent pas les électeurs ou pour ironiser sur la concurrence entre syndicats. A y regarder de plus près, les commentateurs avisés s’apercevraient pourtant que cette juridiction, trop favorable aux salariés, n’est, pour cette raison, pas en odeur de sainteté. Qu’aurait été la participation à l’élection présidentielle si personne n’en avait dit un mot quinze jours avant le scrutin ? Certes, les candidats présentés par les syndicats ne sont pas des vedettes dont on peut à l’envi décliner la vie privée ou les petites phrases. Ces humbles salariés qui sacrifient beaucoup de temps à défendre leurs collègues n’ont rien pour attirer le bling-bling médiatique. Seule cette juridiction pourtant protège les salariés dans la plupart des entreprises, parce qu’il est de plus en plus difficile d’y implanter des syndicats qui ne soient pas maison.
Quant à se rendre aux urnes, ce n’est pas si facile qu’il y paraît. La loi permet au salarié de quitter son poste de travail pour se rendre au bureau de vote sans perte de salaire. Mais dans beaucoup de boîtes, est-il si facile à une personne en CDD et même en CDI de prendre du temps pour une juridiction que beaucoup de patrons aimeraient voir disparaître, parce qu’elle les empêche d’exploiter en rond ? Autant de raisons qui expliquent le peu d’empressement des électeurs à se rendre aux urnes mais qui ne devraient pas justifier l’indifférence des journalistes.
ANNIE MENRAS
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