Editorial
Ainsi donc, il faudrait travailler plus longtemps au prétexte qu’on vit plus vieux dans la France d’aujourd’hui. Du coup, les progrès de la médecine deviendraient un malheur ; celui de vivre vieux avec une retraite paisible et prendre du temps pour soi et pour les autres.
Il faudrait aussi travailler le dimanche avec vaillance et sans rechigner. L’argument du volontariat est un leurre et celui du paiement double de la journée une supercherie.
La bataille entamée par les personnels navigants d’Air France est à tout point de vue déterminante pour l’avenir de chacun des salariés de notre pays.
Cela pose le problème de la sécurité aérienne, peut on être sûr qu’un pilote d’avion a les mêmes réflexes, la même capacité de concentration à 40 ans et à 65 ans. Et voilà, que le gouvernement veut les faire travailler jusqu’à 65 ans.
De plus, si les pilotes travaillent dix ans de plus, que va-t-on faire des jeunes qui attendent un emploi dans la même activité ?
De la même manière, l’amendement autorisant le travail jusqu’à 70 ans prend prétexte qu’il faut en donner la possibilité légale à ceux qui le souhaite.
L’argument est faux. En effet, l’âge qui donne droit au départ à la retraite est fixé à 60 ans. C’est un droit et ce droit on peut l’exercer ou ne pas l’exercer. C’est à dire, que le législateur a déjà donné la possibilité à ceux qui veulent travailler plus de le faire. Donc, rien de neuf, sauf le risque de voir glisser cette limite de 60 ans à 70 ans. Et cela va-t-il créer des emplois ?
Nous en doutons fortement.
Ajoutons que cette mesure est rejetée par près de 66% des Français, selon un sondage CSA. Et la raison invoquée pour expliquer ce rejet est « parce que cela entraînera à terme la remise en cause de l’âge légal de départ à la retraite ». Pas si bêtes finalement les Français. Ils ont tout de suite vu le piège.
Maurice Brandi
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