Editorial
Nul n’est besoin d’être grand clerc pour considérer que l’une des victimes directes de la crise que nous traversons, est déjà, et sera l’emploi. Tout « simplement », parce que dans la logique actuelle, moins de crédits aux entreprises égale moins d’investissements, égale moins de marchés, égale moins d’emplois. C’est là, en même temps, l’apparence et la réalité des choses. Le chef d’entreprise voit son carnet de commandes baisser, les marges des ses actionnaires chuter, il agit sur la masse salariale pour maintenir sa « compétitivité ». Donc il dégraisse. C’est l’exemple de l’automobile, de la sidérurgie etc… Le patron d’une PME voit lui aussi - en tant que sous-traitant - ou acteur direct notamment dans le secteur du bâtiment, ses carnets de commandes se vider, va lui aussi avoir recours au système d’ « économies » sur la masse salariale. Il va lui aussi licencier. Au bout de la chaîne : des milliers d’emplois productifs qui se transforment en autant de milliers de chômeurs nouveaux. Dans cette logique infernale – sous tendue par des milliards d’euros débloqués pour soutenir les banques et autres organismes financiers – il semble évident que le dégât colatéral de la destruction d’emplois, c’est à dire du rejet dans la précarité et la pauvreté de millions de gens, soit une fatalité sinon, plus cyniquement, une « nécessité ». Mais, à y regarder de plus près, il n’y a rien là de fatal et encore moins de nécessaire. S’il faut dépenser des milliards pour sortir de la crise, autant qu’ils soient contrôlés pour les utiliser à relancer la croissance et l’emploi, plutôt que les dividendes des actionnaires.
ROLLAND MARTINEZ
|
|
|