Billet
« Les sens abusent souvent la raison par de fausses apparences » disait Blaise Pascal dans ses Pensées.
Visiblement, les 80 000 personnes qui sont venues à Paris pour la marche en faveur de l’éducation ne se sont pas laissées abuser par le discours du gouvernement en la matière. Pas plus que les 69% des Français qui viennent, - selon un sondage IFOP - de déclarer cette mobilisation « justifiée » ne paraissent dupes des promesses rassurantes.
Avec arrogance, sans en apporter la preuve par des engagements formels, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a jugé hier la mobilisation des enseignants, jeunes et parents d’élève « injustifiée et décalée ». Mais avec 19 700 suppressions de postes en 2007 et 2008, la décision de Matignon d’en faire passer à la trappe plus de 13 000 autres en 2009, la question de l’avenir de l’éducation se pose bien. Et si le président de la République évoque la priorité de l’éducation dans ses propos, force est de constater que le projet de budget 2009 réduit une nouvelle fois les moyens dont disposeront des secteurs essentiels de l’éducation. L’école (y compris collèges et lycées), l’université, sans oublier les menaces qui planent sur les équipes de chercheurs, verront leurs marges réduites. L’excellence prônée par le chef de l’Etat pas plus que la lutte affichée contre l’échec scolaire ne peuvent se satisfaire de bouts de ficelles. Le débat budgétaire n’est pas clos. Mais il faudra sans doute de l’imagination et de la persévérance à celles et ceux qui se sont levés ce dimanche pour déjouer des discours bien trompeurs.
PIERRE BASTIEN
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