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Accueil arrow Culture arrow Livres arrow « Plus qu’un métier, un art de vivre » 08-02-2012, 01:15

« Plus qu’un métier, un art de vivre »

25-08-2008
 

Eric Cartier, qui s’inscrit dans l’école cartoon à l’américaine, est un touche-à-tout. (Image DROITS RESERVES/ ERIC CARTIER 2008)
Eric Cartier, qui s’inscrit dans l’école cartoon à l’américaine, est un touche-à-tout. (Image DROITS RESERVES/ ERIC CARTIER 2008)
Eric Cartier. Dessinateur de bande dessinée depuis 20 ans, cet Aixois revient pour la énième fois au Festival de BD de Solliès-Ville qui ouvre ses portes aujourd’hui.


A 51 ans, Eric Cartier est un vieux routier – ex routard aussi – de la bande dessinée. Depuis son premier album, La mer à boire, publié en 1989 avec le scénariste Naegelen, il touche à tout : illustration de bande dessinée, bien sûr, mais aussi de romans, dessins de presse et même de disques. Plutôt du genre humoristique – il s’inscrit dans une école un peu cartoon à l’américaine – Cartier ne s’enferme pas pour autant dans une étiquette. Il revient « pour la seizième fois au moins » au Festival de BD de Solliès-Ville qui ouvre ses portes aujourd’hui. Interview.


Vous êtes un fidèle du Festival de Solliès. Qu’est-ce qui vous plaît autant pour que vous y reveniez seize fois ?
Eric Cartier : « Je ne suis pas le seul ! Il y a un roulement d’auteurs chaque année, mais la moitié reste fidèle au Festival… D’abord parce que Solliès-Ville est un village accueillant. Le cadre est exceptionnel et c’est un festival d’une richesse incroyable avec de très belles signatures. Arleston par exemple, aixois lui-aussi, c’est quelqu’un de très important dans la bande-dessinée française. Et puis, Pascal Orsini (directeur du festival, Ndlr), c’est vraiment un passionné. Il baigne dans la BD. Son fiston, que l’on a vu grandir, est devenu un jeune dessinateur très prometteur. Ce Festival, c’est un excellent cocktail, et Orsini est le meilleur des barmen ».


Soixante auteurs sont présents pour les 20 ans. Le Festival, c’est aussi des rencontres ?
E.C. : « C’est une rencontre avec le public d’abord. C’est agréable pour les gens de venir discuter avec les auteurs ici, en sirotant un pastis. On retrouve aussi des amitiés professionnelles et c’est intéressant de voir les nouveaux auteurs. Et puis, ne faisons pas dans la langue de bois, on est aussi là pour faire la fiesta ! ».


Vous vous intéressez à la nouvelle génération ?
E.C. : « J’aime bien jeter un coup d’œil du côté des maisons d’édition alternatives comme l’Association, voir ce que font les jeunes dessinateurs. Moi-même j’ai mis le pied à l’étrier à certains jeunes talents qui maintenant m’ont dépassé ! Mais c’est normal, car on a tous démarré avec un petit portfolio dans un petit festival pour venir rencontrer les auteurs qu’on aime bien ».


Que présenterez-vous cette année au Festival de Solliès?
E.C. : « Je viens de terminer une série avec Coyote, Diego de la SPA (trois tomes, Ndlr). Mais cette année, je serai sur le stand de « Nocturne » avec qui j’ai travaillé pour illustrer des bandes sons de blues, de reggae en 2004 et 2005. Là, on vient de sortir la BD jazz. Jean-Claude Denis et Charles Berberian (deux autres dessinateurs qui seront également présents lors du Festival, Ndlr) aussi ont illustré des CD sur Harry Bellafonte et Dean Martin. Le disque est un support très agréable ».


Vous travaillez seul, en collectif, et touchez à tout. C’est selon votre humeur ?
E.C. : « Disons que quand je suis de mauvaise humeur, il vaut mieux que je travaille seul ! Mais j’ai fait pas mal de duos, récemment encore avec Nicolas Keramidas avec j’ai sorti il y a deux mois une BD illustrant un disque de Paul Personne et Hubert Félix Thiefaine. Ca se fait au hasard des rencontres… Pour moi, la bande-dessinée, c’est plus qu’un métier, c’est un art de vivre, une façon de voir les choses ».


Il y a aussi eu le collectif de dessinateurs « Stakhano International » que vous avez créé en 1993…
E.C. : « On avait monté ça avec Joan qui bosse chez Spirou. Stakhano, c’est venu du fait qu’on arrivait à faire trois ou quatre nuits blanches pour travailler ! On a fait de l’auto-édition en réalisant des BD sans texte, donc internationales. On a édité une vingtaine de livrets en format chéquier et le Conseil de l’Europe nous avait aidé à sortir une bande-dessinée sur la tolérance. Le collectif a duré dix ans, puis on s’est arrêtés ».


On vous disait « autodiacte voyageur » à vos débuts. Vous vous êtes sédentarisé ?
E.C : « J’ai pas mal voyagé aux Etats-Unis et en Jamaïque notamment ( il a illustré Tompkins Square Santera, une histoire se déroulant dans les bas-fonds new-yorkais en 1990 et autoproduit Flip in paradise la même année, Ndlr). Là je suis dans une phase plus tranquille. Je me suis installé à Aix il y a une trentaine d’années. J’ai trouvé mon coin, et c’est bien mieux que de courir à Los Angeles ! Je fais pas mal de paysages, et j’aimerais trouver un écrivain pour travailler dessus ».


Vous avez d’autres projets ?
E.C. : « Pour l’instant, je suis en vacances… On verra en septembre, quand j’aurai mis les gosses à l’école ! Mais j’ai deux ou trois idées ».


PROPOS RECCUEILLIS PAR MARIELLE VALMALETTE

 

 60 auteurs sur le Festival
 Le Festival de BD de Solliès-Ville s’installe au cœur du village dès cet après-midi 15h00 (inauguration à 18h00 avec la remise des prix) et jusqu’à dimanche. Pour ses vingt ans, 60 auteurs ont été conviés dont 14 ont déjà été primés lors des précédentes éditions. On y retrouvera quelques grands noms de la BD, tels que Arleston, François Boucq, Franck Le Gall, Charles Berberian, Jean-Claude Denis, etc. Et aussi 17 auteurs étrangers. Cerise sur le gâteau :  Benoît Peeters et François Schuiten, qui a réalisé l’affiche du festival cette année, sont les invités d’honneur. L’événement fait aussi la part belle aux jeunes auteurs qui viendront présenter leurs planches et ouvrages. Bref, le cru 2008 s’annonce particulièrement savoureux.






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