 « Mes parents m’ont beaucoup poussé. J’aurai pu faire n’importe quel métier, même équarrisseur » ROBERT TERZIAN Philippe Carrese. Lauréat du Prix des Marseillais 2008, décerné dans le cadre du Carré des Ecrivains, l’auteur ne se cantonne pas à l’écriture et revêt bien des talents…
L’air jovial. Tenue décontractée. Philippe Carrese débarque au premier étage de La Marseillaise. Ponctuel, il arrive pour le café. Une stature qui en impose, tant sur la toise que sur la balance. Il n’a pourtant rien d’un caïd. Ce serait plus un père tranquille. Il faut dire qu’il connaît la maison. Il y a collaboré voici quelques années. « J’ai fait une série de dessins pour la rubrique ciné », confie-t-il. Au-delà de l’impression de se retrouver en terrain connu, il a ce truc qui vous pousse à la conversation. Il a le tutoiement facile et ça ne gène pas. Son accent méridional complète le tableau. Un ton chantant qui vous rappelle qu’il est né ici, dans le quartier des Accoules à Marseille. Du haut de ses 52 ans, il se raconte… Mais ne se la raconte pas !
Marié et père de trois garçons, tous adultes, il affiche une carrière bien remplie. Sans doute « grâce à l’abnégation » de Lucile son épouse. Ses lunettes lui donnent un air sérieux qu’il démonte tout de suite. Il a certes passé un bac C puis suivi un cursus à Paris à l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques (IDHEC). Mais il préfère relativiser : « Mes parents m’ont beaucoup poussé. J’aurais pu faire n’importe quel métier, même équarrisseur. Ils m’auraient soutenu, dès lors que je le faisais à fond », sourit-il.
Les Nuls avant les Nuls
Surprise de la vie, sa première expérience professionnelle « sérieuse » le ramène en Provence. Il remet alors les pieds dans la ville de Pagnol. Le virage, c’est en 1984, lorsqu’il devient réalisateur. Il tourne ainsi avec Chantal Lauby et Bruno Carette, la série comique au nom évocateur Bzzz diffusée sur FR3 Méditerranée. « C’était Les Nuls avant Les Nuls », résume le metteur en scène. Et ce, dans des conditions surréalistes ! Chaque semaine, le groupe pondait une émission de 13 minutes qu’ils avaient écrite puis tournée avec « la seule aide d’un cadreur, d’un preneur de son et d’un technicien lumière », se souvient-il. Ce côté décalé ne l’a pas quitté. Si ses deux compagnons ont bifurqué vers Canal + avec le succès à la clef, lui, en revanche, est resté dans la cité phocéenne. « La chaîne estimait qu’elle n’a avait pas besoin d’un réalisateur supplémentaire », témoigne-t-il. De quoi ronger son frein…
Est-ce pour faire contre mauvaise fortune bon cœur ? Carrese salue leur parcours, sans pour autant regretter le sien. Bien au contraire. Il a non seulement poursuivi sa carrière de réalisateur mais l’a aussi étoffée. De la série comique (comme Bazar) aux documentaires, dont Les parrains de la côte, ou encore des concerts en direct, il a affûté sa pratique audiovisuelle.
Témoigner des réalités
de Marseille
Certains s’en seraient contentés. « Mais il fait partie de ces gens qu’on ne peut pas mettre dans une case », son ami l’auteur Jean-Pierre Cassely. Pour preuve : il taquine aussi la plume ! Il s’y était exercé avec les scénarios de Bzzz. Il transforme l’essai en 1992 lorsqu’il rédige son premier roman. « Les images et le son ne suffisaient plus. » Le révélateur de son talent ? Christine Okrent. « Son documentaire sur Marseille avait été décrié, révèle Philippe Carrese. Moi, je trouvais que c’était juste une bonne introduction ». Il débute ainsi l’écriture de « Trois jours d’engatse » pour témoigner des réalités de Marseille. En cinq mois seulement, le roman est rédigé. Reste alors à le sortir. Seul un petit éditeur corse accepte son ouvrage et le publie en 3000 exemplaires.
La distribution auprès des libraires ? C’est Carrese lui-même qui la fait ! Pour sûr, il a la foi ! Et ça marche. « En 1994, Fleuve Noir qui l’avait refusé au départ accepte finalement de le rééditer », sourit l’auteur. Ainsi démarre sa carrière de romancier, à raison d’un à deux livres par an jusqu’à 2008. Le dernier en date s’intitule Les Jardins des Délices (Syros), ce qui lui a valu le Prix des Marseillais remis hier au 17ème Carré des écrivains.
« C’est un multi doué », assure la pianiste Nathalie Negro. Pas étonnant car, en plus de la toucher à la caméra et à la plume, il gratte aussi la guitare, joue du piano et de la batterie... Il a ainsi participé à la composition et la réalisation de musiques de certains de ses films aux côtés de Philippe Troisi, Olivier Stella (du groupe Quartiers Nord) et Raphael Imbert. « J’ai la chance de travailler avec des mecs beaucoup plus forts que moi » glisse-t-il à leur propos. Pendant que d’autres font d sport, lui préfère s’adonner la musique… Il crayonne aussi des scènes de vie. Quelques uns de ses dessins ont d’ailleurs atterri sur les pages de certains de ses livres. « Mais ça c’est nerveux », plaisante-t-il, tout en griffonnant une page. En quelques secondes apparaît soudain l’esquisse de deux personnages en train de se disputer, sous le regard bienveillant de Notre-Dame… Au final, quel est son défaut ? Pour Estelle Pessemesse, régisseuse du groupe Raoul Petite, « c’est peut-être qu’il ne boit pas » !
MARJOLAINE DILH
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Philippe Carrese
Ecrit par: PASSE MICHEL le 04-06-2009 15:38
Je voudrais adresser un grand bravo à Philippe Carrese pour "l'ensemble de son oeuvre" et lui donner rendez-vous à Cultura La Valentine pour la dédicace de mon polar "La peinture à l'huile...d'Olive" Samedi 06 juin 2009 à 14 heures...(si par la même ocas' il pouvait me rendre mon manuscrit "l'envers de la toile" que je lui avais refilé à Fuveau en 2008, ça serait cool. Merci de faire suivre!!!
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