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08-02-2012, 02:18

« Je ne raterai l’audience pour rien au monde »

10-11-2008
 

Une audience de jugement de la section commerce au conseil des prud’hommes de Montpellier. Quatre conseillers magistrats siègent, deux salariés et deux patrons.  Ce jour-là, seules quatre affaires sur onze seront traitées. (Photos David Maugendre)
Une audience de jugement de la section commerce au conseil des prud’hommes de Montpellier. Quatre conseillers magistrats siègent, deux salariés et deux patrons. Ce jour-là, seules quatre affaires sur onze seront traitées. (Photos David Maugendre)
Immersion dans cette juridiction pas comme les autres, un jour d’audience de jugement au conseil des prud’hommes de Montpellier.

14h30, un mercredi après-midi. Les audiences de jugement de la section « commerce » du Conseil des prud’hommes de Montpellier s’apprêtent à démarrer, sous présidence salariée. Le rôle, placardé à l’entrée de la salle d’audience, affiche onze affaires. Quelques mois plus tôt, chacune est passée par le huis clos de la conciliation, qui hélas aboutit rarement à une résolution du litige.
    Dans chacune des affaires qui sont traitées ce jour là, les parties ont recours à un avocat. Une tendance qui se généralise, alors même que la juridiction d’exception que sont les prud’hommes permet à chacun d’assurer sa propre défense et que, jusqu’à une réforme de 1979, les avocats n’avaient pas accès aux prud’hommes. « Maintenant, les avocats représentent 99,9% de l’assistance des salariés », explique Gérard Frances, conseiller prud’hommes CGT. Les quatre conseillers magistrats qui siègent ce jour là, deux salariés et deux patrons, mènent l’audience sous l’œil d’une Marianne d’albâtre.


Licenciements et heures sup’


    Comme dans un tribunal classique, les magistrats entrent, l’assistance se lève. Après l’appel fait par la greffière, les avocats soumettent leurs demandes de report. Très (trop ?) nombreuses. Sur les onze affaires programmées, seules quatre seront retenues. Les autres, renvoyées, continueront à allonger les files d’attente. 
« Cela va faire bientôt deux ans que j’ai été licencié. Je suis passé en conciliation il y a six mois. Faut pas être pressé ! », s’impatiente Kevin, venu avec un ami qui a fait partie de la même « charrette ». Une attente qui a accru sa détermination : « Voilà un an et demi que j’attends ça, je ne raterai cette audience pour rien au monde. A force, ça joue sur le moral. Prouver ton innocence, ça devient très important », confie-t-il. 25 ans et déjà bien rôdé aux scènes de théâtre qu’offrent les audiences : « Il y a une chose dont on peut être sûr : c’est qu’il y a quelqu’un qui ment, du moins qui est de mauvaise foi ; ça ment d’un côté, ça ment de l’autre : au final on s’y perd. Le plus simple, ce serait de mettre un détecteur de mensonges ! »   Les affaires de la journée se succèdent et, d’une certaine façon, se ressemblent : même si la trame diffère, chacune se noue autour d’heures supplémentaires qui seraient dues ou d’un licenciement contesté.
    C’est le cas d’un salarié du groupe GSF Phocéa, un des leaders français dans le secteur du nettoyage, qui conteste son licenciement « du jour au lendemain, après 19 ans d’ancienneté », explique son avocat. La partie adverse, elle, soutient qu’il y a eu faute professionnelle de cet inspecteur de chantier. Il aurait failli à son devoir de faire des déclarations uniques d’embauche. Un travail administratif qui, selon l’avocat du salarié, ne relève pas des compétences de son client, homme de terrain. « Je suis conseil, dans cette entreprise, pour huit salariés qui ont été licenciés pour faute grave, s’emporte l’avocat. En réalité, on a voulu leur faire payer des procédures entamées aux prud’hommes par trois chefs d’établissement pour lequel ces salariés avaient rédigé des attestions ». L’employeur, présent dans la salle, s’exprime. Et nie tout lien de cause à effet. La tension est palpable.


Les parties prennent la parole


    « Les prud’hommes, c’est plus convivial qu’un tribunal classique, mais il y a quand même des règles de droit. C’est pour ça que c’est mieux d’avoir un avocat. La plupart du temps, ils nous disent même de ne pas venir au procès… Ils ont peur qu’on ne retienne pas notre émotion et que ça parte en vrille. Mais les juges, eux, aiment bien qu’ils y aient les parties concernées, pour qu’elles s’expliquent », commente Kevin, en attendant son tour. Pour autant, un avocat ne va pas sans frais : « J’en ai eu pour 500 euros et encore, avec la réduction d’un syndicat, sinon c’est beaucoup plus », continue le jeune homme.
    Après une brève suspension d’audience, nouvelle contestation d’un salarié licencié pour faute grave. Cette personne a fait une demande de congés de trois semaines au mois de juin afin de pouvoir prévoir un voyage en Thaïlande. « Comme les années précédentes, la demande a été faite oralement et l’employeur a accepté sans problème. Quinze jours avant les vacances, mon client a été convoqué pour un entretien de trois quarts d’heure, seul avec trois supérieurs hiérarchiques, qui lui ont demandé de déplacer ses vacances en juillet ou en août », explique l’avocate. Si bien qu’à la fin, l’employé s’est emporté verbalement contre son employeur. Lequel assure avoir été menacé physiquement. L’employé a eu beau s’excuser lors d’un entretien préalable au licenciement, rien n’y a fait. Pour sa défense, il se lève : « J’avais avancé de l’argent pour payer ce voyage et après avoir été harcelé pendant trois-quarts d’heure, j’ai pété un câble. Mais ce sont les trois dernières secondes. Et je regrette. »
    Après plus de quatre heures d’audience, la séance est close. Rendez-vous en janvier pour le rendu des délibérés.  Avec 114 conseillers prud’homaux à Montpellier, (du moins jusqu’au élections de décembre), ce sont 2 300 à 2 500 affaires qui sont traitées dans l’année, hors référés.

Reportage
Amélie Goursaud




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GSF à nouveau hors la loi

Ecrit par: CRESPEAU le 01-04-2011 08:32

une fois de plus gsf se moque de la loi et licencie ses cadres et salariés sans respect humain et en mettant ces derniers sur la paille. 
 
je peux vous fournir des informations vous permettant de faire une suite et peut être de calmer cette société afin de protéger les salariés , étant cadre de ce groupe j'estime qu'il est temps que cela s'arrête 
 
Cordialement 
 
Patrick CRESPEAU

 

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