 Quarante six ans après avoir signé la première victoire à La Marseillaise, César de Montélimar y prend toujours son envol. Avec style (PHOTO JEAN-LUC CHOVELON) Le premier vainqueur de La Marseillaise, en 1962, était au départ hier.
L’occasion d’une rencontre haute en couleurs.
Sur le terrain 616 de la Boule Michelet, à l’heure où les premiers bouchons du concours sont lancés, la silhouette de César Brauer est en position d’attente. Ses partenaires ont quelques minutes de retard. Pas de quoi l’inquiéter. Tee-shirt bleu, pantalon blanc, le grand César passerait presque pour un inconnu dans le flot tumultueux du dimanche matin. Pourtant, le nom de “ César de Montélimar “, tout le monde connaît dans le milieu des boules. Mais le petit gabarit d’un homme de 75 ans, il n’y a que ceux qui l’ont déjà rencontré qui sont capables d’y accoler le nom d’un empereur.
Car César de Montélimar, pour ceux qui dormaient durant les cinquante dernières années, est un grand des boules. De l’avis unanime, ce qui n’est pas si fréquent. En plus d’être le premier vainqueur de La Marseillaise en 1962, avec Vedel et Canavèse. Et si ce César là ne porte pas de lauriers sur la tête, s’il n’a pas, non plus, le cœur fendu par Escartefigues, ce César est un grand. Aucun doute.
Un joueur qu’on n’entend pas
Ses partenaires montiliens, Laurent Vinandi à l’appoint et Yvan Violet au tir, sont enfin là et le jeu peut commencer. L’adversaire, la triplette de Grac, est de bonne qualité, mais ils ne savent pas. Ils ne savent pas qui est cet homme plutôt âgé qui joue au milieu dans l’équipe adverse. Qu’ils le savent n’aurait sans doute rien changé et leurs chances de remporter la partie auraient été intactes, mais au-delà du seul gain ou non de ce premier tour, nul doute que leur regard n’aurait pas été le même. L’entame est plutôt équilibrée. Le pointeur drômois a un peu du mal a trouvé le chemin du bouchon, mais le tireur fait tinter l’acier.
César de Montélimar fait partie des joueurs qu’on n’entend pas beaucoup sur un terrain. A l’instar de Tricon le Japonais ou d’Albert Arcolao, dit Bébert de Cagnes. De l’avis de certains connaisseurs, justement, s’il n’y a que deux places en haut de l’Olympe des joueurs de pétanque, elles sont pour Bébert et César. Avec un petit plus pour le joueur de Montélimar, l’art de l’appoint. On dit de lui qu’il était capable de jouer sur tous les terrains, même au milieu des caillasses grosses comme le poing, parce qu’il lançait ses boules si haut dans le ciel que celles-ci restaient en place en retombant. Même avec un bouchon à 10 mètres. On dit aussi de lui qu’il était capable de donner à sa boule une trajectoire de boule de billard. Avec tous les effets inimaginables.
Sur le terrain, deux mènes successives à 4 points permettent aux Montiliens de faire le trou pour mener 12-3. César fait le plein de ses boules, même si son tir n’est plus aussi franc. Laurent le pointeur vient nous glisser son analyse à l’oreille. “ Il y a 40 ans, il aurait tiré et serait resté deux fois plutôt que de pointer. Et il aurait plié la partie la dessus... “ Ce sera chose faite quatre mènes plus tard. César le tireur était aussi un client redouté. Au Luna Park, au Teil, il excellait dans le tir sur table. Explications : une boule placée sur un petit tas de terre au centre d’une table de jardin, là où doit passer le parasol. Et à 5, 10, 15 mètres, le carreau inévitable. Essayez, ça surprend...
La vie de César ne s’arrêtera pas à cette partie, bien sûr, mais le plaisir de jouer se lit sur son visage. Et on peut dire qu’il en a connu des parties, plus souvent d’” intérêt “ comme on dit, qu’en compétition. Une autre époque, évidemment, mais le même plaisir intact.
Alors, les anecdotes fourmillent hors de sa bouche, couleurs d’un monde dont il est un des empereurs.
Même en dehors des terrains.
J.L.C.
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césar
Ecrit par: hocquet claude le 09-07-2008 11:23
un monument comme césar devrait être invité sur le plateau de france 3 ,il aurait des choses intéréssantes à dire
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