Disparition. Les fouilles effectuées pour retrouver les corps des prostituées disparues n’ont rien donné. Des résultats d’analyses d’ADN sont attendus.
« M’étonnerai fort qu’il les ait enterrées ici, vous avez vu le sol… C’est de la caillasse. Pour planter une plante mon mari creuse pendant 2 heures ». La dame qui habite face au terrain appartenant à Patick Salameh, principal suspect dans une affaire de disparition de trois prostituées à Marseille, doute que les fouilles qui y ont été réalisées par la Direction interrégionale de la police judiciaire de Marseille aboutissent à quelque chose. D’ailleurs, hier, les enquêteurs n’ont pas perdu de temps dans ce terrain du Var. Un terrain plat, boisé et partiellement constructible de 3 510 m² situé au hameau « Les Pontiers » sur la route départementale 69 entre Saint-Julien-le-Montagnier et Vinon-sur-Verdon.
« Un petit hameau tranquille, isolé de tout et qui maintenant a toutes les caméras braquées sur lui » regrette la voisine qui caresse son chien. « On n’a jamais vu quelqu’un entrer dans ce terrain, le propriétaire, personne ne le connaît ici ». Les habitants du hameau confirment. « Si quelqu’un y était rentré pendant la nuit, mon chien aurait aboyé, et s’il avait creusé, on aurait tout entendu ».
L’attraction des badauds
La police municipale de la commune passe et repasse. Le lieu est devenu une attraction pour les badauds du coin. Un groupe de journaliste attend depuis le matin le scoop potentiel, et la caméra ne se lève que rarement, sur les témoignages d’habitants qui ne savent rien. Sinon que « le terrain a été acheté par cet homme en 1981 » expliquent des élus du hameau.
« Vendredi, les gendarmes étaient là. Ils se promenaient soi-disant, se souvient la voisine. Dimanche, c’est un commissaire de la brigade criminelle qui est passé, ils sont restés un bon moment dans le terrain », et n’y ont rien trouvé de particulier.
« Des recherches minutieuses vont être engagées de façon exhaustive, on va tout repasser au peigne fin », avait annoncé Jacques Dallest, le procureur de Marseille.
Ainsi, le résultat d'analyses est attendu dans la semaine sur les scellés et prélèvements effectués dans un appartement marseillais du boulevard de la Libération où des traces d'ADN et des objets appartenant à deux des femmes disparues ont été retrouvés.
Patrick Salameh a été mis en examen vendredi pour enlèvement et séquestration de deux prostituées, une Ukrainienne et une Algérienne, disparues à Marseille début octobre et début novembre, ainsi que pour séquestration, viol et violence avec arme pour une troisième prostituée, une Marocaine dont le témoignage a contribué à son interpellation.
Il est également soupçonné d'être lié à la disparition d'une quatrième prostituée, une Roumaine de 23 ans.
Patrick Salameh, 51 ans, originaire du Var et qui se dit chef de chantier dans le bâtiment, nie tout. Peintre autodidacte, il avait été remis en liberté conditionnelle en juillet 2005 après seize ans de réclusion pour vol avec arme.
Des fouilles pourraient également être menées à Saint-Mitre, le quartier de Marseille où les prostituées auraient été séquestrées dans un appartement appartenant à la famille de Patrick Salameh, ainsi que dans le canal de Marseille.
Philippe PUJOL
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