 L’explosion a perforé un mur, dévasté deux chambres et soufflé les vitres des 2e et 4e étages. Peu après, les étudiants du bâtiment C étaient évacués. Photo: DAVID MAUGENDRE Explosion. Elle a eu lieu hier dans la résidence universitaire du Triolet, à Montpellier. Elle serait accidentelle, due au maniement d’un engin explosif par des étudiants et a fait 6 blessés.
Il est 4h20 hier matin lorsqu’une explosion se produit au 3e étage d’une aile du bâtiment C de la résidence universitaire du Triolet, près de la fac des sciences à Montpellier. Deux chambres ont été dévastées, et les vitres des 2e et 4e étages soufflées. Les soixante résidants (sur les 111 habituels) sont évacués, une cellule de soutien psychologique est ouverte.
Hier à la mi journée, le procureur de la République Brice Robin a amené des précisions : « L’explosion a eu lieu dans la chambre louée par un étudiant russe qui fêtait ses vingt ans. La bombe artisanale qui a explosé semble avoir été fabriquée par cet étudiant, qui est le plus gravement blessé. Il était l’an dernier en chimie et cette année en génie électrique ». En début de soirée, on apprenait que l’étudiant russe n’avait plus son pronostic vital engagé, mais qu’il était brûlé à 50 % du corps au 3e degré, et avait dû être amputé d’un bras. « Il y a un deuxième blessé grave, qui a eu un poumon perforé. Les quatre autres ont eu de légères blessures ».
Ils n’étaient pas connus des services de police
Tous les étudiants présents dans la chambre, cinq garçons et une fille, sont originaires d’Europe de l’Est : un Russe, un Moldave, un Tchétchène, un Arménien et deux Ukrainiens (dont la fille). Un septième étudiant se serait enfui avant l’arrivée de la police, il est recherché. Selon le procureur, « il ne résulte pas des premières constatations qu’on ait affaire à des terroristes, mais peut-être à des jeunes qui, parce qu’ils avaient un bagage de chimie, voulaient tester la fabrication d’une bombe artisanale ». Dans la chambre, « un certain nombre d’ingrédients entrant dans la fabrication d’explosifs ont été découverts », mais cependant pas de détonateur. Les six étudiants n’étaient pas connus des services de police ni du renseignement.
Après avoir été auditionnés dans l’après-midi, trois des quatre blessés légers ont été transférés à l’hôtel de police et placés en garde à vue. Le quatrième pourrait sortir dès ce matin et serait lui aussi placé en garde à vue.
Si « des éléments apparaissent de nature à faire envisager une entreprise terroriste », a toutefois indiqué le procureur hier, le parquet de Montpellier, en charge de l’enquête avec le SRPJ de Montpellier, se dessaisirait au profit de la section anti-terroriste du parquet de Paris.
Hier après-midi, Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur est venue à Triolet « assurer de (sa) sympathie les étudiants et les personnels ». Elle a également voulu « réaffirmer solennellement que les produits chimiques et toxiques n'ont rien à faire dans une résidence universitaire ».
CATHERINE VINGTRINIER
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