 Hier matin, tous les salariés ont bloqué la départementale entre Fabrègues, Gigean et Montpellier. DAVID MAUGENDRE Fabrègues. Le personnel d’Areva a bloqué la D 666 pour protester contre le CSDU. Rencontre avec Alain Vitoz.
Les salariés d’Areva ont réussi à créer une belle pagaille hier matin entre 7 et 10h sur la D666 entre Fabrègues, Gigean et Montpellier. Ce n’est pourtant que le début des actions qu’ils ont programmées suite à l’avis favorable donné par les experts du Coderst* à l’installation, à quelques encablures de leur usine, d’un centre de stockage des déchets ultimes (CSDU). Une façon de peser fort dans la balance quelques semaines avant la décision du Préfet, qui ne cache pas son empressement à envoyer les déchets de l’agglo de Montpellier à Fabrègues plutôt que dans d’autres départements.
Rencontre avec Alain Vitoz, porte-parole de l’intersyndicale CFE/CGC-CGT.
Cette première action depuis l’avis du Coderst est une réussite.
Lors des précédents blocages, seuls les ouvriers sortaient, là tout le personnel y compris les cadres est sorti. Seul le directeur est resté à l’intérieur parce qu’il y est obligé.
Qu’est-ce qui a suscité cette unanimité ?
L’avis favorable du Coderst à la décharge a fait monter la tension. Maintenant, il ne reste plus que l’avis du Préfet. C’est pourquoi nous prévoyons d’autres actions et que nous serons demain (Ndlr Ce matin à 10h) à la manifestation de Fabrègues.
Votre direction n’a jamais dit cependant qu’elle délocaliserait si le CSDU s’installait ?
Non, mais elle a toujours dit que notre usine est incompatible avec la décharge. Et une grande partie des dossiers techniques que j’évoque viennent de la direction. D’ailleurs, aujourd’hui le directeur d’Areva T&D, Gerhard Seyrling rencontre le préfet.
Quelle est la raison de cette incompatibilité ?
En raison des postes de transformation que nous assemblons puis que nous stockons à ciel ouvert avant de les livrer à nos clients. Ne serait-ce qu’une aiguille dans un câble de 50 000 volts provoquerait un défaut d’isolement et potentiellement un court circuit. Alors vous pensez un rat qui viendrait ronger un câble. En outre, l’usine de Fabrègues est la vitrine d’Areva T&D. C’est la fin du processus de fabrication, le dernier maillon de la chaîne. C’est là que nous recevons des clients du monde entier.
Et vous n’espérez pas une délocalisation dans le Montpelliérain où Areva a plusieurs sites ?
Non, dépenser 5 à 6 millions pour faire 500 mètres, je ne le crois pas. Areva a des usines toutes neuves en Espagne qui font la même chose que nous. Il y a aussi des possibilités dans le centre de la France.
Combien de personnes seraient impactées ?
Nous sommes 250, mais nous induisons plus d’un millier d’emplois en faisant travailler entre 430 à 450 PME. Dans la difficile conjoncture de la crise économique, Areva ne s’en sort pas trop mal. On a embauché quinze personnes ces derniers mois. On devait en embaucher une vingtaine dans les mois à venir, mais en raison de l’avis favorable du Coderst, tout a été arrêté.
Qu’est-ce qui se passera si – comme c’est prévisible – le préfet donne un avis favorable ?
Notre direction lancera une procédure pour attaquer sa décision.
Vous avez un espoir que ça se termine bien pour vous, vos collègues et leurs familles ?
Oui d’autant que les Gardiens de la Gardiole ne disent pas qu’ils veulent que les déchets aillent ailleurs. Ils veulent bien prendre tous les déchets mais avec la solution de la torche à plasma, sans cheminée, sans dioxine. La mairie donne le terrain, l’industriel offre l’usine. Ca ne coûterait rien… même si ça ne plaît pas à Sita.
ANNIE MENRAS
*Le Conseil Départemental de l’Environnement, des Risques Sanitaires et Technologiques a rendu son avis le 4 novembre.
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