 A gauche de Strummer, Jones et Simonon, le batteur Perry Chimes, remplaçant Nicky Headon. Le début de la fin pour les Cash… © Adrian Boot Evénement. L’histoire de la légende du punk rock enfin publiée. Plus de vingt après leur séparation, les Clash sont plus vivants que jamais. Un ouvrage aussi instructif que décoiffant.
Il aura fallu attendre 2008 pour qu’enfin soit publiée la biographie de l’un des plus grands groupe de rock de tous les temps… The Clash.
Aujourd’hui, le manque est comblé, et nous avec. Depuis le 16 octobre est disponible la première biographie complète des Clash par… The Clash*. Un magnifique livre illustré de 400 pages. Et qui d’autre que le Diable Vauvert pouvait édité un tel ouvrage ? Qui d’autre que cet éditeur indépendant et définitivement rock’n’roll, toujours en marge, toujours au sommet de l’avant-garde et de la culture underground, à qui l’on doit déjà U2 by U2 ou encore Mort aux Ramones par Dee Dee Ramone en personne.
Avec les trente ans du Punk avaient fleuris nombre de livres, et documents d’intérêt et de qualité diverses. Le meilleur comme le pire en quelque sortes, à l’image du mouvement lui-même. Cette année, point d’anniversaire et cette autobiographie des Clash tombe dans le marché comme un cheveu sur la soupe, comme eux en 1976, débarqués de nulle part au milieu d’un beau merdier. C’est ça les Clash. Et cette bio (largement illustrée) ne vient pas seule, elle débarque en même temps qu’un nouveau live (Live at the Shea stadium) et un DVD ( Revolution Rock) regroupant différents extraits de concerts.
D’aucun dira que ça fait beaucoup. D’autres se rueront (et se sont déjà rués) chez leurs libraires et disquaires. Actu buisness ou envie de se replonger dans ses racines ? Nous ne répondrons pas ici à la question. Quoi qu’il en soit, une telle production aurait pu laisser à présager qu’en d’autres circonstances, le quator aurait pu reprendre la voie de la scène, si ce ne fut le décès tragique de Joe Strummer, d’une crise cardiaque en décembre 2002. Peut être est-ce mieux ainsi. Peut être que cela aura permis aux Clash de ne pas tomber dans le piège de la reformation ? Les Clash ne se seront donc jamais revenus, et c’est tout autant tant pis que tant mieux. Sont-ils d’ailleurs jamais partis ?
The Clash : l’histoire d’un groupe, l’histoire du Punk
L’aventure des Clash commence en 1976, à cinq (Mick Jones, Paul Simonon, Joe Strummer, Keith Levene et Terry Chimes), à Camden. Mais leur « vraie » histoire débute avec l’arrivée de Nicky « Topper » Headon à la fin de la même année et le départ de Levene et Chimes.
S’en suivent les premières tournées, notamment avec les Sex Pistols. La machine est lancée, et ne s’arrêtera que sept ans plus tard. Tout s’enchaîne et va très vite. Séances de studio et tournées se suivent, ponctuées de démêlées avec la police. Sept années sans répit. Sept années usantes, mettant à mal l’unité du groupe. Les premières tensions commenceront à sa faire vite sentir.
C’est en 1982 que s’opère le virage décisif. Joe ne supporte plus les problèmes de toxicomanie de Topper et après une tournée au Moyen-Orient, c’est le clash, Topper est viré. Ce sera le début de la fin. Rien ne sera plus comme avant.
D’autant que les tensions ne s’estompent pas. Petit à petit, c’est avec Mick que l’eau arrive dans le gaz. Problèmes de communication. Divergences de longueurs d’ondes… Les membres s’éloignent. Véritable déchirement, The Clash commence à sentir la rupture. Elle sera consommée en 1984.
Que reste-il aujourd’hui des Clash ? Sont-ils devenus simple produit de consommation ? C’est loin d’être sûr. Certains prétendent que la dimension politique des chansons a disparu, et que seule est restée la musique. Pour notre part, nous pensons plutôt que l’un comme l’autre sont éternels.
Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ces documents sortent aujourd’hui, alors que la société se paupérise et que la répression flambe au point de ressembler de plus en plus à ce qu’était l’Angleterre de la fin des années 70, celle qui a permis l’émergence d’un mouvement qui allait marquer à jamais l’histoire de la musique, mais bien au-delà. Le punk est né du rejet d’une société de consommation, d’exploitation et de répression. Le punk est né d’un ras le bol général de toute une jeunesse à la dérive et sans avenir. Le punk est né dans le nihilisme.
Les Clash ont su, à l’époque, garder espoir malgré tout. Ils se sont battus. No Future pour constat, ils ont construit, au travers de leur musique, un monde dans lequel les classes populaires pouvaient à nouveau provoquer l’émeute du changement, un univers dans lequel elles pouvaient à nouveau s’émouvoir. Emeute et émotion n’ont-ils d’ailleurs pas des racines communes ?
François DAURY
(*) The Clash, Topper Headon, Mick Jones, Paul Simonon, Joe Strummer (Au Diable Vauvert). Prix : 54 euros.
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