 Sylvette Fayet (ici avec Frédéric Deschamps, suppléant) ne change surtout pas de slogan : la victoire reste du domaine du possible. (Photo : François RICHARD) SYLVETTE FAYET. Cette Nîmoise, qui n’a jamais quitté le 1er canton, veut y croire à quatre jours du 2nd tour.
Pour nos lecteurs qui ne vous connaissent que très peu, présentez-vous en quelques mots ?
J’ai d’abord toujours résidé sur ce premier canton où je me sens bien et dont je connais tous les contours. J’ai 56 ans, une fille, deux petites filles et je suis fonctionnaire d’Etat, pour tout vous dire cadre à la DDE du Gard. J'ai tout d'abord occupé des responsabilités syndicales, durant trente ans, avant de me consacrer davantage à la politique dès 1989 en rejoignant le groupe d’opposition sous la municipalité Bousquet. Par la suite, j’ai été adjointe aux affaires sociales lorsqu’Alain Clary a pris les rennes de la mairie avant de devenir députée suppléante. Je demeure à ce jour conseillère municipale d’opposition.
Vous avez mené une campagne dynamique, certes, mais cela était-il suffisant pour croire avant le coup en votre présence à ce second tour ?
Honnêtement et en toute modestie, j’y ai toujours cru. Ce qui n’était pas le cas en mars dernier. Nous avons eu un accueil différent partout où nous sommes passés. En huit mois, les conditions de vie des Nîmois se sont dégradées. La crise nous a quelque part rendus crédibles et concrets alors qu’auparavant le message de progrès social que nous véhiculions semblait pour certains utopique. C’est pourquoi j’ai immédiatement ressenti qu’une victoire était du domaine du possible. D’autre part, contrairement à mars dernier, il n’y a pas eu de confusion entre municipales et cantonales. Les gens ont pris le temps de nous écouter sans bloquer sur une tête de liste conduite pour les municipales. Mais vous avez raison de parler de dynamisme. Avions-nous le choix face à de si courts délais ? Il fallait aller à l’essentiel. J’en profite pour remercier les militants et tous les amis au-delà du parti, d’anciens communistes et des proches qui nous ont rejoints spontanément, en reconnaissance pour ce que nous sommes et apportons.
Vous voilà désormais en face à face avec la candidate sarkozyste. Les électeurs du Modem et, surtout les nombreux abstentionnistes, arbitreront forcément ce duel. Quel message avez-vous envie de leur faire passer ?
A tous ceux qui souffrent de la politique UMP et qui ont envie d’exprimer leur mal-être, dimanche, déplacez-vous ! Je n’en dirai pas plus. Je continue à mener une campagne propre, respectueuse envers tous les candidats. Je veux rester fidèle au comportement que j’ai toujours adopté à savoir me battre contre des idées, mais pas contre des candidats. Certains, au Nouveau Centre, voulant trop bien faire pour s’acoquiner avec l’UMP, se mettent les pieds dans le tapis en prétextant que je représente le parti du passé. Il faut que ce monsieur remette à jour ses manuels d’histoire.
Ne se sent-on pas pousser des ailes quand on est soutenue par la gauche entière ?
Non, puisque ma candidature est désormais collective. Je ne suis pas une carriériste de la politique. J’espère seulement que mon plaisir est partagé par tous ceux qui nous soutiennent depuis le début de la campagne.
On connaît votre attachement au service public. Dimanche, c’est un peu un match entre ceux qui veulent le renforcer et ceux qui souhaitent le démanteler ?
Le service public est à la fois une originalité française auquel je reste attachée et un lieu privilégié où peuvent se conjuguer des savoir-faire pour une rentabilité sociale et non financière. Je pense qu’il viendra un temps où l’on se rendra compte de son utilité et de la nécessité de le renforcer. Dans un département comme le notre, souvent frappé par les inondations, à qui fait-on appel en de si tristes circonstances ? Au service public… Alors oui, sans doute faut-il l’améliorer, le repenser, mais il a toute sa place dans notre société s’il évolue et prend en compte les nouveaux enjeux comme le développement durable, l’urbanisation, les déplacements,…
En cas d’élection, vous deviendrez une des rares femmes de l’assemblée départementale, la seule femme à siéger au groupe communiste. Ca vous effraie ?
Pas du tout. Je me sens forte. Et je respecterai tout le monde s’ils me respectent. Je n’ai pas envie de m’inscrire dans un rapport homme-femme qui renforcerait des conceptions qui ne sont pas les miennes. Je n’emprunterai pas un chemin sur lequel on veut m’emmener, pour en fin de compte ressembler à un mec (rires). En tout cas, les femmes ont des choses à dire. Je le démontrerai…
PROPOS RECUEILLIS PAR
FABRICE ROUGIER |
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