.JPG) J'ai sur le bout de la langue, ton petit cœur qui tangue. Photo: MLT Avec le jazz oriental de Maalouf, le blues occitan de Moussu T et le reggae soul de Bazbaz, la Fiesta de jeudi soir était bien ancrée au sud. Quelque part entre Memphis, Kingston et La Ciotat.
Jeudi soir, la Fiesta des Suds n'aura jamais aussi bien mérité son appellation. Pas tant pour la fête, plutôt calme, mais plutôt pour les suds. Tous les suds.
Prenez Ibrahim Maalouf par exemple. Pas encore la trentaine et déjà reconnu comme l'un des plus grands trompettistes du moment, le garçon puise ses influences entre la Nouvelle-Orléans et Beyrouth. Sous la passerelle, il aura su créer une ambiance cosy, devant un public de connaisseurs qui, pour l'occasion, avaient même droit à des chaises. Pour fermer les yeux et écouter la trompette d'Armtrong qui, pour s'adoucir la voix, aurait mangé quelques loukoums. Délicieux voyage sonore.
Moussu T, lui, voyage sur une guitare slide, une caisse claire et un banjo, tout ça sans bouger de La Ciotat. Confiné dans un cabaret bien trop petit pour l'occasion, la partie la plus occitane du Massilia Sound System aura livré un blues bien gras, qui sent la patate douce et le poulet frit. Avec, projeté derrière lui sur un grand drap blanc, les chantiers navals de La Ciotat. Histoire de flamber tout ça au pastis pour s'enivrer un peu, et glisser sur quelques titres vers un dub planant.
Le dub, le reggae, c'était plutôt sous la passerelle qu'il fallait aller l'écouter, un peu plus tard. Camille Bazbaz et son orgue c'est un peu Bob Marley qui aurait croisé Marvin Gaye dans une ruelle de Montmartre. Quand l'orgue s'arrête, lui et ses musiciens chantent un gospel qui sonne juste et en français. Avec sa casquette de gavroche vissée sur le tête et sa voix éraillée qui sert de jolis textes, Bazbaz est un trait d'union entre Kinsgton et Atlantic City.
Un trait d'union entre tous les Suds, quels qu'ils soient, voilà ce que la Fiesta veut être depuis 17 ans. Jeudi soir, elle aura une fois de plus réussi son coup.
Paul GOIFFON
Retour spécial dans l'édition papier du journal La Marseillaise le 28 oct. |
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