 Les fortes pluies ont encore inondé le quartier du Vieux Port hier en fin d’après-midi.(Photo archives RT) Pluies diluviennes. Le point sur les dispositifs de gestion à Marseille.
Après l’épisode pluvieux et tumultueux de dimanche, le département est encore placé en « vigilance jaune » par le service de Météo France. Le risque de crue ou de montée rapide des eaux n’entraîne pas de dommage significatif mais nécessite une vigilance particulière notamment dans le cas d’activités saisonnières ou exposées. Densément urbanisée et située entre mer et colline, la ville de Marseille est soumise au risque d’inondation. Les conséquences des inondations majeures de l’Huveaune de 1978, des pluies torrentielles du 19 septembre 2000 ainsi que du 1er décembre 2003, qui ont inondé une partie de la ville, ont montré la vulnérabilité d’un site urbain dense tel que Marseille.
C’est à ce titre que la Ville, en collaboration avec la communauté urbaine MPM (Marseille Provence Métropole), a mis en place depuis 1995, une politique de prévention et de gestion des inondations dont un plan de travaux hydraulique visant différents objectifs.
Outre la régulation des eaux par le réseau d’assainissement en place sous terre, la collectivité prévoie la construction de dispositifs de rétention d’une capacité de 1 200 000 mètres cubes. Pour l’instant, la capacité des bassins de rétention à Marseille avoisine 250 000 mètres cubes contre « 3000 avant 1995 », souligne Martine Vassal, adjointe au maire déléguée à la Qualité de la ville et au Pluvial en précisant que « plusieurs dizaines de millions d’euros ont déjà été investies », notamment dans les bassins « République », « Pierre Puget », « Jules Guesde » et « Sadi Carnot ».
Si la capacité de rétention des eaux en cas d’inondation est encore loin du compte, le recalibrage des principaux cours d’eau et de leurs affluents a également été engagé. Le recalibrage de l’Huveaune et du Jarret font également partie des mesures préventives contre les fortes pluies. Mais « il reste encore beaucoup à faire », continue l’adjointe, qui veut notamment engager « tous les moyens nécessaires à la sécurité des populations » en développant par ailleurs « une politique de communication à la prévention ».
EMMANUELLE BARRET
Un phénomène météo « classique »
« Le gros devrait passer ce soir en fin de journée* avec des averses orageuses mais c’est un classique pour la saison » Prévisionniste à Météo France à Aix, Jacques Sassoulaz restait encore pessimiste pour aujourd’hui. Avec un mercredi « perturbé », marqué par de l’instabilité orageuse en deuxième partie de journée. Pas encore d’alerte orange ni rouge mais une simple alerte jaune à l’heure où nous écrivons ces lignes (en clair, des phénomènes météo dans la norme mais qui peuvent être occasionnellement et localement dangereux) même si à Météo France, on reste « vigilant ».
Selon Jacques Sassoulaz, une pluviométrie entre 20 et 50 litres par mètres carrés qui peut aller jusqu’à 90 litres par endroit, n’a rien d’exceptionnel même si elle est importante. Et d’expliquer le phénomène météo à l’origine de ces débordements parfois diluviens. « Nous avons un courant de Sud en altitude. De grosses masses nuageuses se chargent en humidité au-dessus d’une mer Méditerranée relativement chaude » précise le scientifique, « avec une eau comprise à l’heure actuelle entre 18 et 19 degrés, la mer est une source d’énergie ». Résultat des orages éclatent sur le littoral, en ce moment celui de l’Est de l’Etang de Berre. L’été, le phénomène s’inverse. Le tonnerre gronde dans les terres puisque la mer est plus fraîche que l’air ambiant.
Mais pour l’heure, les Marseillais et les habitants des Bouches-du-Rhône ne devrait pas voir d’améliorations avant demain.
M.R.
*hier, NDLR
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