 Les posidonies forment des prairies peu profondes en Méditerranée. Elles possèdent des fruits et des fleurs (Photo DR) Environnement. Un projet de sentiers sous-marins va permettre de découvrir la vie de ce patrimoine naturel. Il va également servir d’éducation au respect des fonds marins.
La mer est un bien précieux. Elle est l’univers de nombre de personnes. Elle est ressource pour les uns, plaisir ou passion pour les autres. Elle est source de vie entre flore et faune.
La protéger est le credo de Denis Roman, président du club école Scolari de la Fédération nautique de pêche sportive en apnée (FNPSA). Les fonds marins, il les connaît pour y passer le plus clair de son temps et d’y observer le manque de respect dont ils sont victimes. Négligence, indifférence, qu’importe, on maltraite la mer en la nourrissant de rebuts et ses habitants en subissent les conséquences. « Les poissons sont malheureusement bien obligés de vivre avec. »
Observer ne suffit pas au plongeur,
il est temps d’agir
« Nous avons pensé qu’en faisant découvrir notre univers à un maximum de personnes, elles pourraient constater les conséquences que ses déchets ont sur les fonds mais percevoir dans le même temps la beauté de ce monde extraordinaire ».
Il s’agit donc de provoquer une prise de conscience des populations que la vie sous-marine est en danger.
Au-delà des déchets, Denis Roman donne comme exemple les posidonies, plantes marines qui servent à apporter de l’oxygène à l’eau et aux poissons, à nourrir ces derniers sous forme de petits crustacés qui y sont accrochés et d’abris pour se protéger des prédateurs. « Ces plantes sont arrachées par les ancres des bateaux et les mouillages très nombreux l’été laissent un paysage très abîmé, sachant qu’il faut du temps pour que la posidonie repousse ».
Il est donc question « d’éduquer les gens au respect de notre environnement. Notre rôle est de faire aimer pour faire respecter afin que les générations à venir puissent continuer à profiter de tout ce que la mer a de beau à offrir ».
Pour ce faire, le club Scolari a préparé un projet de trois sentiers marins : un à Corbières, un au Frioul et un autre sur la Corniche. « Des lieux qui sont à l’abri des vents dominants et riches en faunes et flores. »
Les visites seront organisées avec des moniteurs diplômés de chasse sous-marine ou d’apnée et de secourisme. « Dans une eau peu profonde, 3 mètres d’eau, les visiteurs munis de masque, tuba et palmes, mis à leur disposition, nageront le long de ce sentier du littoral d’environ 600 mètres afin d’observer sans plonger l’environnement qui s’offre à eux. » Chaque moniteur, muni d’une planche de sécurité, s’occupera de 4 personnes. La durée des visites sera de 1h30 à 2 heures. « Le moniteur apportera toutes les explications sur cette vie marine. Pour voir de plus près, ceux qui le voudront pourront plonger et prendre des photos. Des bornes de sécurité délimiteront le parcours afin de signaler la présence du groupe aux autres usagers de la mer. »
L’accueil à Corbières s’effectuera sur la zone nautique. « Les fonds de Corbières sont tapissés de posidonies, d’anémones de mer ou encore de cette algue spongieuse, Codium bursa, communément appeler béret basque qui s’accroche aux rochers, sans oublier cet animal étrange à la peau rugueuse qu’on surnomme concombre de mer. Côté poissons, les sars ne manqueront pas de montrer leur ouies ».
Le centre Léo Lagrange sera le point de rencontre du Frioul. Le départ de la visite aura lieu dans la calanque de Morgiret. Etoiles de mer, rascasses brunes, saupes, fielas, etc. sont au programme. Et sur la Corniche, les calanques de la fausse monnaie dévoileront leur richesse. « Après une visite d’une grotte qui est à cent mètres du départ, outre toute une variété de poissons, l’anémone de mer verte retiendra toutes les attentions ».
Denis Roman donne ici, uniquement quelques exemples de ce peuple des fonds. Mais il tient à souligner qu’« au cours de ces visites, les gens vont malheureusement voir des déchets et tout autant de choses extraordinaires comme le carrelet, des raies qui nageront à leur côté. Ils pourront également suivre un labre ou des girelles aux couleurs chatoyantes. »
Ces sentiers du littoral devraient bientôt voir le jour, des demandes d’autorisation son en cours. Le bien fondé de cette opération va peut-être permettre « de réveiller des consciences et même créer des passions ».
Denis Roman tient à rappeler que « le littoral est vraiment en danger. J’ai eu un choc lorsque je suis retourné à Sanary. Lorsque j’étais plus jeune, près du port, on ramassait des oursins pour toute la famille. Aujourd’hui, le fond est lisse, plus de posidonie, plus rien ».
En tant que plongeur, il assiste à l’évolution des fonds. « Les eaux se sont réchauffées et on voit des poissons qui fréquentent les côtes africaines comme le barracuda ou encore la dorade Coryphène. On assiste aussi à la multiplication des mérous. On en trouve même des petits, ce qui prouvent qu’ils se reproduisent ici. »
PATRICIA MAILLE-CAIRE
Informations : Club Scolari école de la FNPSA. 249, promenade Corniche Kennedy. Marseille (7e). Tél : 06.78.26.01.62.
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