 Professeurs, membres du Snes-FSU et élus de la mairie de secteur ont voulu contester des conditions de travail et d’enseignement « inacceptables ». (Photo DR) Lycée Artaud. Hier, les enseignants du second degré se sont mobilisés devant leur établissement. Ils protestent contre les nouvelles conditions de travail de la rentrée.
C’est l’heure de la récréation au lycée Antonin-Artaud dans le 13e arrondissement de Marseille. Professeurs, membres du Snes-FSU (Syndicat des enseignements du second degré) et élus de la mairie de secteur ont voulu tenir le haut du pavé devant les grilles de l’établissement. Au milieu de la multitude d’élèves, les contestataires remettent la question des suppressions de postes et de classes sur le tapis.
Après une rencontre infructueuse au rectorat mercredi dernier, les professeurs du lycée ont décidé en assemblée générale de prendre la parole publiquement pour s’adresser aux parents d’élèves et aux élus. « Suite à une rentrée sous tension, nous nous sommes déjà réunis trois fois », explique Maria Igracio, du Snes et professeur d’espagnol.
Entre les suppressions de postes et la surcharge des effectifs d’élèves dans les classes, les conditions de la rentrée au lycée sont jugées « inacceptables ». Cette année, ce sont 8 postes d’enseignants qui ont été supprimés avec les 11 agents administratifs en emploi précaire « qui ne seront pas remplacés », raconte la militante. C’est sans compter le manque de personnel pour assurer la maintenance du réseau informatique ou l’accueil du centre de documentation et d’information. « Une seule documentaliste assure les permanences pour plus de 1 600 élèves », accuse Maria Igracio en évoquant par ailleurs le manque prégnant de personnel « à la vie scolaire, au bureau administratif, des bourses et à la reprographie ».
Avec l’élimination d’une classe de seconde et l’arrivée de 50 élèves supplémentaires pour la rentrée, « l’augmentation des effectifs est considérable, jusqu’à 36 élèves en classe de seconde », conclut la professeur en rappelant que le lycée n’est prévu que pour accueillir 1 200 élèves.
Une réforme comptable
Inquiets concernant la réforme du lycée qualifiée de « réforme comptable », les professeurs veulent dénoncer « l’enseignement modulaire et la semestrialisation » en concluant que « le ministère ne peut pas faire d’économie budgétaire sur le dos des professeurs et des élèves ».
Aux élus d’en découdre avec des conditions d’accès au savoir et à la réussite scolaire quelque peu décourageantes. « On ne donne pas les moyens aux enseignants d’avancer sur la réussite scolaire », s’indigne Sandrine Orto, déléguée à l’Education et à l’enfance, pour défendre l’école publique.
A l’occasion de la journée mondiale pour le travail décent, le Snes appelle clairement les enseignants à la grève du 7 octobre.
EMMANUELLE BARRET
Manifestation du 7 octobre à Marseille : 10h30, place du général De Gaulle. |
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