 Le recteur de Gaudemar a signé avec les représentantes de l’Andalousie et de Glasgow une convention de partenariat. (Photo STEPHANE CLAD) Colloque. Des délégations étrangères débattent, jusqu’à demain de leurs pratiques.
Le lycée hôtelier régional de Bonneveine, l’un des établissements les plus emblématiques de l’académie d’Aix-Marseille, reçoit jusqu’à jeudi des convives de marque, en la personne des représentants des communautés éducatives d’Andalousie, de Glasgow, de la Ligurie, du Piémont, du Wisconsin…
A l’occasion de la présidence française de l’Union européenne, ce colloque s’est transformé en plate-forme d’échange des pratiques éducatives de la communauté européenne, mais s’est aussi attaché à apprécier le travail réalisé en ce domaine par des pays comme le Sénégal ou le Maroc. L’Académie a convié ces représentants afin d’échanger, mais aussi d’ébaucher une réponse sur ce que peut apporter l’Europe à notre école. Les ateliers d’hier après-midi étant consacrés à la violence à l’école et aux filières scientifiques. Aujourd’hui, la relation entre l’école et l’entreprise, la gouvernance des établissements, l’égalité des chances doivent conduire à un approfondissement des débats, avant de se demander en conclusion quelle serait l’école de l’Europe de demain.
Vaste sujet et ce d’autant que les politiques éducatives sont actuellement particulièrement malmenées. La France qui faisait pourtant figure de modèle subit de plein fouet les conséquences d’un plan drastique de réduction d’emplois. Des dispositifs comme les Rased, des réseaux d’aide qui prennent en charge dans la classe les difficultés scolaires, sont aujourd’hui menacés. 3 000 postes vont disparaître. Tandis que la réforme du Bac, pilotée par le recteur Gaudemar, n’a pas fini de provoquer des remous. Ce qui n’a pas empêché ce dernier, au retour de son voyage à Paris où il assistait le matin à la conférence de presse du ministre de l’Education nationale Xavier Darcos sur la réforme du bac, de signer deux conventions avec l’Andalousie et Glasgow. Un partenariat qui marque une fois de plus la volonté de travailler ensemble.
Pas question cependant de parler d’uniformisation, de modèle européen pour l’école. Pour le recteur, « tous les systèmes éducatifs étant le résultat d’un long héritage culturel et historique ». Dans le respect de nos différences, les partenaires sont unanimes sur ce besoin de dialogue et d’ouverture. Invité de ce colloque, le Sénégalais et directeur de l’enseignement Alexandre Diop a plaidé pour « une Europe de l’ouverture et pas de l’enfermement, pour que chacun puisse profiter de pratiques innovantes ».
Parmi les beaux projets éducatifs de dimension européenne, celui des Italiens de la Vallée d’Aoste qui lancent des échanges avec les chefs d’établissement et envisagent de mener un projet Esabac avec les régions italiennes frontalières de la France.
CATHERINE WALGENWITZ
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