 Les étudiants protestent contre le coût de la vie qui a augmenté de 5,9% cette année. (Photo MIGUE MARIOTTI) Saint-Charles. Opération « restaurant universitaire gratuit » hier sur le campus.
L’augmentation du pouvoir d’achat a le vent en poupe. Celui-ci fait aussi partie des préoccupations estudiantines. L’Union nationale des étudiants de France organisait, hier à l’université Saint-Charles, une action coup de poing : la gratuité du restaurant universitaire.
Explication de Julie Toubiana, présidente de l’Unef d’Aix-Marseille : « Le coût mensuel de la vie étudiante a augmenté de 5,9%. Les frais d’inscription de 4,3%. Le loyer : 8,3% et l’alimentation : 6,7%. » C’est pourquoi le syndicat demande des mesures d’urgence pour aider les étudiants. D’autant plus que les bourses ne sont pas encore tombées, l’APL non plus.
« C’est une période problématique pour nous, poursuit Julie Toubiana. Le but de cette opération, c’est de toucher le maximum d’étudiants et d’attirer l’attention du gouvernement. »
Il faut savoir qu’un étudiant sur deux travaille pour payer ses études. C’est le cas d’Albin, étudiant en droit. « Je bosse au noir. Je viens de faire les vendanges. Le reste de l’année, je fais de l’intérim dans n’importe quel métier. Je prends ce qu’on me propose. Juin a été catastrophique, on m’a trouvé que trois boulots. »
Son camarade, Yassine, fait sa première année d’études également en droit. « Je me suis inscrit dans une agence intérimaire qui m’a proposé un poste à plein temps que j’ai refusé, car il me faut réussir mes examens. Cet été, j’ai été homme à tout faire pour des sociétés de feux d’artifice. » Yassine s’est vu refuser sa bourse au motif que ses parents n’ont plus d’enfants à charge.
Dans le restaurant universitaire, il n’y a pas foule, il est encore tôt. « C’est gratuit ? », s’étonne un étudiant qui avoue économiser sur ses loisirs et vêtements, car sa priorité c’est la nourriture. Une autre étudiante trouve l’initiative « super bonne ». Mais, voilà que la nouvelle directrice du RU s’en mêle. Elle fait retirer les plateaux alors qu’il y a la queue à la porte du restaurant.
« Vous êtes en train d’empêcher les étudiants de manger ! », s’indigne un militant de l’Unef. « Ce sont plus de 600 repas non servis qui risquent de partir à la poubelle », alerte Karine Masegosa, secrétaire générale CGT du Crous d’Aix-Marseille-Avignon.
Dans le même temps, la responsable de l’Unef, Julie Toubiana, dénonce le rapport Lambert qui a pour objectif d’en finir avec la mission sociale des Crous (Centres régionaux d’œuvres universitaires et sociales). Ces derniers gèrent les bourses et restaurants universitaires, le logement et la culture. « Nous condamnons le désengagement financier de l’Etat et exigeons son engagement financier massif au niveau des Crous. » Pour Karine Masegosa, « c’est l’entrée du privé dans les facultés avec l’augmentation du ticket restaurant, du logement, etc. ».
PIEDAD BELMONTE
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