 Photo: DR Crise économique. Réunion aujourd’hui du comité d’entreprise et du CCE d’ArcelorMittal à Fos.
Extraordinaire. C’est bien le mot qui caractérise les réunions du Comité d’entreprise (CE) et du Comité central d’entreprise (CCE) d’ArcelorMittal qui se réunissent aujourd’hui à Fos-sur-Mer.
Pas le moins du monde ordinaire en effet, l’arrêt du haut fourneau HF2 à partir du 15 novembre 2008. Pas davantage, les autres mesures qui devraient être annoncées, dont le recours au chômage partiel. En d’autres termes, la crise économique est bel et bien là, dans Bouches-du-Rhône. Et pas seulement sur le Golfe de Fos, puisque l’usine Thermophil d’Arles spécialisée dans les composants chimiques pour l’automobile a mis son personnel en chômage technique avec des pertes de salaire pouvant atteindre 100 euros.
Pour en revenir à ArcelorMittal, le groupe affirme « avoir réagi avec le sens des priorités qu’on lui connaît et a pris des décisions fortes et claires ». Les salariés peuvent en juger.
« Suspension temporaire de tous les investissements, sur toutes les usines ; suspension de tous les recrutements et cessation du recours à l’intérim; réexamen rigoureux de toutes les dépenses de sous-traitance, et plus généralement de tout achat ».
S’agissant du site de Fos-sur-Mer, outre ces mesures générales déclinées localement, le groupe annonce « la réduction de la production avec l’arrêt du HF2 à partir du 15 novembre et la marche réduite des coulées continues ». Et, une nouvelle fois, ce sont les salariés qui trinquent. Au moment où le gouvernement se prépare à faire voter par le parlement la loi inspirée par Richard Maillé, député UMP des Bouches-du-Rhône, généralisant le travail du dimanche déjà en vigueur à Plan-de-Campagne, ceux du site métallurgique en seront privés certains jours de la semaine.
Ainsi le groupe ArcelorMittal annonce-t-il « la réduction des heures travaillées à hauteur de 16 jours d’ici la fin de l’année, pour les personnels en horaire de jour et 12 postes pour les personnels en poste ».
Face à de telles perspectives, la réaction de la CGT du site ne s’est pas fait attendre, plaçant les raisons de cette situation dans le capitalisme lui-même. « Le capitalisme [qui] détourne les richesses créées par les salariés pour satisfaire les gros actionnaires, pour alimenter dividendes, stock option, salaires faramineux et autres parachutes dorés pour des PDG. » Mais le syndicat ne se contente pas d’accuser. Estimant qu’ « il y a des réponses », la CGT formule des propositions.
Rappelant qu’elle dénonce depuis plusieurs années, les politiques d’entreprises basées sur « le tout financier », elle préconise « un pôle financier public pour promouvoir des investissements économiques et industriels ». A l’opposé de la logique qui conduit à injecter des fonds publics sans contrepartie (plus de 65 milliards d’euros en 2007) !
L’organisation syndicale propose aussi « la nationalisation des groupes industriels et bancaires stratégiques » ainsi que « des droits nouveaux pour les salariés » dont le « droit de veto dans les CE, CCE et Conseils d’administration ».
CH.C.
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