Economie. La 6e édition de « Planète PME », organisée par la CGPME, qui se tenait pour la première fois en province, a réuni 3 000 chefs d''entreprises au Parc Chanot à Marseille.
« Notre ambition était celui de l'ouverture au monde. Convaincus qu'il faut construire un véritable pôle de stabilité et de développement entre les rives Nord et Sud de la Méditerranée, nous avons voulu que "Planète PME" soit le prélude au sommet de l'Union pour la Méditerranée du 13 juillet prochain » : Jean-François Roubaud, président de la CGPME, a ainsi présenté hier la 6e édition de la manifestation organisée par la confédération patronale.
L'événement, qui se tenait pour la première fois en province, a réuni 3 000 patrons de PME et TPE hier au Parc Chanot à Marseille. « La Méditerranée est un atout. L'enjeu est maintenant de transformer l'essai en créant une véritable force économique régionale. La mondialisation, ce n'est pas simplement la Chine, l'Inde ou le Brésil, c'est aussi le Maghreb. »
Si les grandes entreprises sont déjà présentes, les PME françaises veulent, elles aussi, être un acteur de cette union de la Méditerranée. Un espace de développement qui constitue un enjeu économique majeur à l'heure où la mondialisation se décline par « tectonique » des plaques : Chine-Japon, Etats-Unis-Amérique latine ou Allemagne-Europe centrale.
Ainsi, développer les échanges entre les deux rives peut permettre de « gagner un point de croissance au Nord comme au Sud ». « Il faut réinvestir au Sud, faire des infrastructures, travailler sur la formation professionnelle, sur le capital humain », plaide Jean-Louis Reiffers, président du Comité scientifique de l'Institut de la Méditerranée.
Et de souligner le rôle que peuvent jouer les PME. « Quand Renault et Toyota créent 8 000 emplois à Tanger, cela génère 18 000 emplois en sous-traitance » pour les PME-PMI. Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat en charge du Commerce extérieur, note d'ailleurs que « 30% des échanges sur la Méditerranée sont le fait de PME, ce qui est plus que dans toutes les autres régions du monde ».
S'appuyer sur les réseaux
Les pays du Sud ressentent pourtant une certaine « frilosité » des PME françaises. « Il n'y a pas d'implication substantielle en Algérie », estime Zaïm Bensassi, président du Conseil national consultatif pour la promotion de la PME en Algérie. Un constat qu'il explique notamment par la « décennie noire » qu'a connue l'Algérie. « Les gens ne savent pas qu'il y a chez nous de gros programmes d'investissements. »
Une analyse partagée par Nizar Baraka, ministre marocain délégué auprès du Premier ministre. « Huit cents entreprises françaises sont présentes au Maroc. Mais le rythme d'implantation est moindre que dans des pays voisins comme l'Espagne où 1 000 PME françaises sont installées. Qu'attendent-elles pour venir davantage au Maroc et saisir les fenêtres d'opportunités ? »
Pour remédier à ses difficultés, Jean-François Bernardin, président de l'assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie, estime qu'il faut « s'appuyer sur les réseaux ». « Personne ne peut toucher individuellement l'entreprise moyenne. Il ne faut donc pas sous-estimer les Salons et tout ce qui est coopération institutionnelle. D'autre part, je pense que nous manquons au Sud d'un correspondant du type chambre de commerce à la française. »
Phlippe de Fontaine Vive, vice-président de la Banque européenne d'investissement, prône pour sa part la création d'une filiale du Fonds européen d'investissement pour soutenir les PME en Méditerranée, à l'instar de ce qui existe déjà en Europe. « Aujourd'hui, le système bancaire en Algérie, au Maroc et en Tunisie, ne prête pas aux PME car les banques demandent trop de contre-parties. »
SERGE PAYRAU |
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