Accueil arrow Culture arrow Cinéma arrow Les larmes et la mère 09-09-2010, 22:08
Les larmes et la mère
12-11-2008
 

Photo DR
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L’Echange. Le nouvel opus de Clint Eastwood est un mélo classique comme on n’en fait plus… Ou, plus exactement, comme lui seul sait encore en faire.

C’est peut-être avec la fin des années 80 que tout aura débuté. En réalisant Bird, Clint Eastwood ne donnait pas seulement à voir un biopic sur l’un des plus illustres musiciens de jazz mais, rétroactivement, posait les fondements d’un style : le film d’époque dans lequel l’expression des sentiments reste pudique et où le Mal vient parfois découdre toutes les relations.
    Sur ce principe, La Route de Madison, Million dollars baby ou Mystic River aura permis à l’ancien Dirty Harry d’élever son art du mélodrame à un niveau que seuls, à ce jour, les Vincente Minnelli ou les Douglas Sirk avaient été capable.
    Sirk et Eastwood même combat ? Pas si étonnant à vrai dire : l’un comme l’autre nous donnèrent autant de westerns que de mélos et dresser un parallèle entre Ecrit sur du vent et Dans le jardin du bien et du mal ne serait pas si idiot que cela.
    Donc Eastwood est investi de la tradition hollywoodienne. Et de fait L’échange reste et demeure d’une facture classique avec une « true story » comme les affectionnent les étasuniens,  permettant à l’interprète principale (Angelina Jolie) de composer une belle performance comme les aiment les membres de l’Académie des Oscars.

La bande-annonce de L'échange


    En 1928, dans un Los Angeles où la police est corrompue jusqu’à l’os, une mère célibataire, rentrant du travail, découvre que son fils à disparu. Quelques mois plus tard, la police lui ramène un enfant. Elle dit que ce n’est pas Walter, son fils.
    Eastwood promène son film dans des genres précis : l’enquête policière, le film de procès mais aussi le film de prison, le film d’internement psychiatrique… le film de… On n’en finirait pas de tirer les fils qui raccorderaient avec des thématiques. Dans le même temps, son filmage demeure invariable, quelque soit l’environnement abordé. Cela donne un très curieux aspect à L’Echange qui semble parfois trop lisse, quelquefois trop convenu. Mais dans cet étonnant brassage de la culture étasunienne (donc cinématographique), Eastwood demeure à chaque fois à la bonne distance : mélo n’est pas pathos. Moins « flamboyant » que ses mélos précédents, moins « crépusculaire » que ses westerns d’antan, L’Echange  est un « classique » d’un genre que seul Eastwood sait encore revendiquer


CLAUDE MARTINO




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