 Vincent Cassel EST Jacques Mesrine (Photo DR) L’instinct de mort. Mesrine, à ses débuts, sous la caméra de Jean-François Richet, se dégage du « biopic » pour une plongée en eaux aussi troubles que profondes.
L’homme qui sort de chez-lui après que sa copine ait vérifié que la voie était libre va mourir. Nous le savons. La première partie de Mesrine, L’instinct de mort débute, via un split screen, sur ce que nous découvrirons le 19 novembre prochain dans Mesrine, l’ennemi public N°1.
Au delà d’un simple « bouclage » d’un itinéraire, cette entrée en matière fait sens : la perruque, les lunettes, le ventre lourd… la silhouette médiatisée mise en exergue dissimule un autre personnage.
C’est celui-ci que le film nous invite à (mieux) connaître. Dans la pléthore d’émissions télés, d’ouvrages, la figure, voire l’icône, est célébrée. Richet, choisi de se plonger sur l’humain paradoxal.
La Bande-Annonce de
Mesrine: l'instinct de mort
On y découvre un jeune homme brisé par la guerre d’Algérie, fricotant avec l’OAS, étouffant dans sa famille petite bourgeoise (Michel Duchaussoy formidable en deux scènes) qui devient flambeur et flamboyant. Et qui devient tueur. Et qui devient père.
L’instinct de mort moins « spectaculaire » que L’ennemi public N°1 est un incessant jeu de miroirs sur une personnalité « infilmable » cependant littéralement incarné par Vincent Cassel (omniprésent à l’image à deux séquences près).
Outre la vertu essentielle de nous faire côtoyer le futur Mesrine en approchant celui qui n’hésite pas, au sortir d’un braquage de banque à changer de trottoir pour en braquer une autre, tout comme il n’hésite pas, devant ses enfants, à mettre le canon de son arme dans la bouche de leur mère, L’instinct de mort, avec son indéniable aspect « tête de gondole », film en costumes et stars du cinéma français en cameo (Depardieu, Gilles Lelouche, Cécile de France pour cette Part One) évite les chausse trappes induites dans ce type de « produit » pour proposer, sans le moindre romantisme ni l’affect d’une future tragédie, un film cru et noir sans complaisance ni dimension épique.
Ce n’est pas le « biopic » que l’on pouvait redouter mais bien, de la part du réalisateur de Etat des lieux et Ma 6-T va craker une tranche de vif où l’on sent que le « formatage » ne sera jamais de mise.
Quoi de plus normal lorsqu’on a pour sujet un personnage hors normes.
Claude Martino
|
|
|