 On matera la collection du M.O.C.H.E. qui a pour principe de réécrire l'histoire des vieux objets (Photo DR LZARAP'ART) Arts de la rue. Il y eut un temps où le Parc de l’Oasis faisait office de jardin public aux curiosités. Le 20 septembre, le festival Petit Art Petit réalimente la source.
On l’appelait « Le petit Versailles » des quartiers Nord. Mais c’était à une époque où les quartiers nord ne s’appelaient pas encore quartiers nord. Or ce Nord-ci a aussi ses trésors, en l’occurrence planqués dans le quartier des Aygalades, qu’on est convié à défricher en bonne compagnie le 20 septembre prochain*. Rendez-vous parc de l’Oasis, chemin de Saint Antoine à Saint Joseph.
Quand le conte de Castellane ouvrait les portes des jardins de son château (un domaine qui s’étendait d’où se dressent les bâtiments de la cité des Aygalades, un tronçon d’A7 et l’actuel complexe sportif municipal de l’Oasis), les gens de la haute société comme les familles ouvrières, venaient mater les fauves, les purs sangs du haras ou simplement passer du bon temps dans la fraîcheur d’une des innombrables sources, à l’ombre des figuiers. C’est ce qu’un groupe d’habitants avec l’Association des amis des Aygalades, le CIQ des Aygalades, et quelques bonnes volontés des Musées de Marseille, invite à redécouvrir sur site, à l’occasion d’une balade fêtant les Journées du patrimoine. Dans ce parcours jalonné d’histoires et d’Histoire, un pique-nique au parc vaut bien le détour.
Régalade au parc
Car c’est aussi ce samedi que les artistes de la Cité des arts de la rue, d’autres accueillis en résidence, guidés par Lézarap’Art, proposent de réinvestir l’espace disponible du Parc, le temps d’une journée, pour que l’eau de l’oasis aux curiosités d’antan rejaillisse. La 11e édition de Petit Art Petit est tout indiquée. Mais de nos jours, les fauves se faisant aussi rares que la « haute » généreuse, on risque plutôt d’y trouver par bonheur, d’insolites spectacles, d’y croiser par enchantement de farfelus personnages, d’y rencontrer pas par hasard d’inouïs acrobates ou d’y rêver follement en compagnie d’inventeurs… Bref, à l’Oasis, il y a toujours de la magie au menu.
Si le festival fête ses 13 ans en même temps que le patrimoine, c’est que les artistes de la Cité des Arts de la rue ne sont pas insensibles à leur environnement. La cité est elle-même bâtie dans l’enceinte des anciennes huileries Abeille, héritées du domaine du conte Louis Falque, et en partie sur un « lac »... Surtout, ils travaillent depuis plusieurs années en collaboration de la population qui y vit. Avec les « défricheurs des quartiers nord », un rapprochement naturel s’est opéré.
Les électrons libres de ce groupe informel misent sur l’avenir de ce territoire sans en négliger le précieux legs : un patrimoine collectif riche, architectural, naturel, sociétal ou idéel, qu’il convient de partager encore, de méditer, de rééditer. Les Aygalades « du haut » et « du bas » tentent un pont par-delà l’A7 pour un héritage à défricher ensemble. Partout, le long du Ruisseau Caravel, on déterre des trésors (lire nos éditions précédentes) de l’histoire marseillaise. Et on veut les raviver. Lors de la pause pique-nique qui marque le départ du festival, par exemple.
Des arbres qui parlent !
Cette année, pour cause de travaux de réhabilitation de la cité en cours, le festival déménage. « Une contrainte balayée et retournée en avantage », confie Alice Garrouty, chargée de développement pour Lézarap’Art. Le parc de l’Oasis est dispo. Banco, faisons la fête au château ! Concertés, les défricheurs furent envoûtés.
Du coup, on y trouvera « les petites ailes » et la ménagerie de fer et de bois de Fred Parison ; on y chuchotera des secrets aux arbres avec Kurt Demey et on y croisera un homme cornu ; on y entendra chanter l’Oiseau bleu de Spectralex ; on y prendra une leçon de crêpes avec Kitchenette ; Les forains de Carnage Production, les fakirs de Makadam Kanibal et les marionnettes de la Petite Vitesse investiront des scènes de verdure improvisées. Les sculptures vivantes de Catherine Cocherel prendront forme, les épouvantails de Naïm Abdelhakmi se tapiront dans les sous-bois.
Et pourquoi pas un bus aussi ?
On sera « écouteurs, écoutés écoutant » et on fera ses « doléances culturelles » avec Christophe Modica et Pascal Messaoudi, artistes en résidence chez Radio Grenouille. On matera la collection du M.O.C.H.E., qui a pour principe de réécrire l’histoire de vieux objets. Et si on est joueur, on participera à des tas d’ateliers éphémères à partir de 3 ans. Et même admirer le spectacle de rue « En même temps des regards, en même temps des histoires, en même temps des points de vue », du step entièrement garanti « Made in quartiers Nord ». Et rien que ça, c’est des mois de boulot pour parler « du quartier, des racines, des origines, d’échelles de valeurs,… ».
Et vous voudriez qu’on vous offre le bus aussi ? Et bien ici, on ne craint dégun et qu’à cela ne tienne, le bus expo de la Folle Histoire des Arts de la Rue, conduit par Karwan, fera un arrêt ce 20 septembre, place du Roy René, à deux pas, donc…
MYRIAM GUILLAUME
Pour la Balade patrimoniale : CIQ et AAA (04.91.60.97.74)
Pour le Festival Petit Art Petit : Lézarar’Art (04.91.69.11.80. http://lezarapart.com)
Pour La Folle Histoire des Arts de la Rue : Karwan http://follehitoire.karwan.info/
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